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Le livre de Francescas 63 av. J.-C. - 11e siècle ap. J.-C.:

 

Carte de L'aquitaine antique au 9e siècle
L'aquitaine antique

Observations étymologiques et générales sur Francescas

Les noms héréditaires furent encore longtemps inconnus dans les campagnes, et les registres de l'état civil, véritables archives de nos familles, ne furent ouverts que dans le XVe siècle.
En 1406, un synode prescrivit aux curés la tenue des registres de baptême, et plus tard, vers 1464, on leur enjoignit de constater les mariage et les décès à dater du mois d'août 1539, époque à laquelle la tenue des registres de l'état civil fut prescrite par l'ordonnance de Villers-Cottrets.
Alors, mais alors seulement, les naissances, les mariages, et les décès devaient être enregistrés :
chacun en naissant reçut le nom de son père, et porta ce nom tracé sur sa tombe.
Pour éviter toute confusion, les Etats généraux de 1614 exigèrent que tous les gentilshommes signent dans les actes leurs noms de famille et non ceux de leurs seigneuries.

Francescas n'est pas une ville franche, car ces villes n'étaient fondé seulement entre 1222 et 1373 dans le sud-ouest de la France.

Le nom vient pas des franciscains, car François d'Assise (San Francesco d'Assisi, né Giovanni di Pietro Bernardone) n'a fondé son ordre que vers 1210. Pourtant, Francescas éxistaient au moins déjà vers 977.
On l’appela François, suivant en ce la coûtume des anciens Toscans, qui appelaient les François Francescos, & toutes les choses qui venaient de France, Francescas: même un Historien dit, que Charles le Chauve entrant au Concile de Pontyone, êtoit vêtu à la Françoise (La vie de S. Francois d’Assise - Patriarche des Frères mineurs par le père Jacques d’Autun, Prédicateur Capucin 1681)

Francisca (ou francesca) trouve sa source à l'époque des mérovingiens (IVe et VIIIe siècle), un peuple des francs saliens, un nom également très repondu sous le reigne de Charlemagne (768–814), empereur des Francs. Le mot "Francs" est à la base de Francescas, Franciscano en latin.
Franciscano (de — ), Francisca*, Francescas (Franciscano - venant des Francs)
Francescas est un territoire franc ('escas' correspond en gros à hectare) - donc terre des Francs. (Michel Gardère)
(Rôles gascons, transcrits et publiés par Francisque-Michel: 1290-1307- Francisque Michel, Charles Bémont - 1906)
Francescas, cant. L.-et-G. (de Franciscano, 1163): nom d'homme germ. Franciscus et suff. -anum
(Dictionnaire étymologique des noms et lieux A. Dauzat et Ch. Rostaing, Paris 1963)
à Francescas et à Franciscat, Francisca, s. net. villars, court ou autre "village francisque ou des Francs".
( L. Massip, Toponymie agenaise, R.Ag. 1927)

On peut donc conclure, que Francescas est une création sous l'influance des Francs entre 531 et 614

Bastide ou Bourg?

Vers 1970-1980 la mairie a su faire classée Francescas comme bastide circulaire anglaise fondé par les Plantagenêts.. Mais cette décision n'a pas tenue compte des faits historiques.
Est-ce que Francescas est vraiment une bastide? L'historien Félix de Verneilh définit les bastides comme : «... des villes neuves bâties tout d'un coup, en une seule fois, sous l'empire d'une seule volonté ...». C'est seulement à partir de 1229 environ que le terme prend le sens de ville neuve - bastida sive population.
Visiblement ce n'est pas le cas de Francescas, qui est documenté déjà en 1163 comme seigneurie. Une bastide n'est pas une transformation d'une ville existante en bastide, mais une création neuve.

Cette ville à raison de sa configuration nous paraît antérieure à la fondation de diverses bastides qui s’élevèrent dans l’Agenais aux XIIe et XIIIe siècles.
(Dictionnaire géographique, historique et archéologique de l’arrondissement de Nérac-Jean-François Samazeuilh 1851)

Dans les archives du Lot-et-Garonne, Francescas est mentionné comme bourg!
( Archives de Lot et Garonne - Francescas - N.M.D.P.M. 1863 - 1872 des années 1863-1872 page 79 et 81et bien d'autres)

Alors, Francescas plutôt un bourg prieural ou un bourg ecclésiastique? Selon la Revue de l'Agenais, Volume 135, Numéros 1 à 4, c'est le cas. Aussi dans les lettres-patentes d'Edward Ier roi d'Angleterre Francescas n'est pas désigné comme bastide. Même dans le livre des jurade, Francescas n'est cité que comme ville et bourg, jamais comme bastide. Francescas éxistait bien avant le création des bastides et au XI siècle un prieuré existait dans ce bourg.
Francescas est sans doute un bourg prieuré millénaire
!

L'histoire de Francescas ( Francesquas, Francestams, Françescas) du 1e siècle avant J.-C. au 14e siècle

56 av. J.-C.:P. Crassus et sa troupe, cantonnnés chez les Andes... ont dû, venant de l'Anjou, franchir la Loire au sud d’Angers et passant par Segora (Saint-Clémentin) et Ensio (Saint-Jouin), gagner Poitiers6, puis descendre droit au sud vers Périgueux... et Agen... ou Moissac... L’utilisation de cet itinéraire correspond à l’appui fourni par les Pictones et les Santones... et P. Crassus en route a dû surveiller leur bonne volonté... En descendant vers Agen ou Moissac, P. Crassus protégea la venue des équipes de rameurs, des marins et des gubernatores appelés depuis la Province, cf. (III) 9,1 et qui n’ont pas dû perdre leur temps à un périple de l’Espagne ; par cette même route, de Toulouse à Agen, il fait venir ses renforts de la Provincia”7. Ensuite, pour entrer dans le territoire des Sotiates, Crassus “qui avait attendu en concentrant ses renforts dans un territoire voisin, par exemple vers Astaffort, accomplit sans doute une étape qui lui fait franchir la frontière et le conduit, une vingtaine de kilomètres à l’ouest, vers Francescas ou Fieux ( ?)”8. (P. Crassum... in Aquitaniam proficisci iubet : les chemins de Crassus en 56 avant Jésus-Christ) L’Empire romain et les sociétés provinciales | Jean-Pierre Bost

Crassus en route vers Francescas
Crassus en route vers Francescas

63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.: Le pays des Sotiates aurait été bien exigu, s'il n'eût compris que l'Ouest du canton de Mézin et les parties voisines de ceux de Casteljaloux et de Gabarret, comme il résulterait des limites respectives des évêchés d'Auch et de Condom. Mais il est probable qu'il fut l'une des victimes des atteintes que l'organisation d'Auguste se plut à porter à la constitution ethnographique des Gaules. Tandis que la partie méridionale du pays fut attribuée aux Auscii, d'où elle passa aux Elusates, le Nord, avec les cantons de Damazan, Lavardac, Nérac et Francescas, fut donné aux Nitiobriges, puis à l'évêché de Gondom. — (L'Aquitaine primitive par A. Castaing)

Il y avait un site à tegulae, une tuilerie romaine, (An 52 av. J.-C. - an 412) entre Francescas et Naton à 1.5km sur la D 112 de Francescas, (Fond Jerebzoff, Arch. Dép. Lot-et-Garonne 66J6) qui utilisé la route Peyrigno (appellé Tanefreza au Moyen-Age) comme accès de transport. Peyrigno (route romaine) est le nom de la route qui va de Lectoure à Nérac en passant par Ligardes et Francescas. (Contes et Proverbes Populaires- recueillis en Armagnac par M. Jean-François Bladé 1867)
Sous le même nom de Tanefreza, on a même trouvé ledit chemin à l'est vers Francescas.
(Voir J. Clemens, Ténarèze et Peyrigne en Agenais, dans Annals du Midi, 1981, p. 83-87, G. Loubés, Routes de la Gascogne médiévale, dans l'homme et la route en Europe occidentale au Moyen Age et aux temps modernes
(Flaran 2, 1980) Auch 1982, p. 39-40.)

4e siècle au 13e siècle : Le réseau paroissial, qui s'est constitué du 4e au 13e siècle, semble avoir été particulièrement dense dans la canton de Francescas ; (Inventaire général du Patrimoine culturel d'Aquitaine)
Francescas - Comme Mezin elle doit son origine à des bénédictins qui après avoir défriché les terres des environs y fondèrent un monastère. Le monastère fut supprimé pour être réuni à l'évèché de Condom lorsque ce siège fut érigé.
(Annuaire ou description statistique du Département de Lot-et-Garonne 1801)
A Francescas, un monastère de l'ordre des bénédictains était au centre des premières habitations. Au lieu dit 'Chartreux' à Francescas?(Fernand Lamy, Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, Société des sciences, lettres et arts d'Agen, Société académique d'Agen)

Francescas - sites defensifs et sites fortifiés au Moyen Age à Baqué - le castrum de Francescas
Motte avec basse-cour à Baqué (motte basse-cour) - Initialement, la basse-cour ou bayle, belle, baile, du latin bacula (palissade), était la zone enceinte par une fortification castrale ou cette enceinte elle-même. Les premiers châteaux forts médiévaux étaient constitués sur le modèle « motte et basse cour » ou motte castrale. Il y avait donc une fortification à Francescas.

Les premières mottes sont apparues au IXe siècle.
La motte féodale comprenait :
– la butte de terre également appelée motte
– les fossés
– la basse-cour *
- la tour de bois ou donjon.

Réf: Marcadal Y., Tumuli et refuges du Néracais, Revue de Nérac, 2ème année, n° 7. - Fabre G., Les civilisations protohistoriques de l'Aquitaine, 1952, éd. Picard, p. Cl. - Die/. archéol. Gaule, I, p. 414. (1841) - Sites défensifs et sites fortifiés au Moyen Age entre Loire et Pyrénées; Actes du premier colloque Aquitania, Limoges, 20-22 mai 1987

motte castrale basse-cours à Baqué
Reconstitution hypothétique de la motte basse cours à Baqué - Francescas

Une hache en bronze à bords droits avec deux anneaux. (Bulletin archéologique de Tarn-et-Garonne,II, p. 11.)

Dans le Bulletin de la Société archéologique du Tarn-et-Garonne (t. II, 1872, pp. 9-13, 1 pi.), A. Magen signalait « une hache de bronze trouvée à Francescas (Lot-et-Garonne) ».
Son poids est de 1 kg 960. Ne mesurant pas moins de 295 mm de long, elle en pesait 2 kg à l'origine. Sa forme générale rappelle celle du type que marque la lettre G dans la planche annexée au projet de classification des haches en bronze (Revue archéologique, janvier 1866), et qui provient du même département.
Elle est donc à rebords droits et dépourvue de talon. Mais une particularité la distingue, particularité que n'a d'ailleurs aucun des types figurés par les soins de là Commission topographic des Gaules : c'est l'existence d'un anneau sur chacun de ses côtés. On connaît des haches munies d'un anneau unique, encore sont-elles en même temps pourvues d'une douille ou d'ailerons. Mais les haches à deux anneaux (en supposant qu'il y en ait d'autres dans le genre de celle-ci, ce qui est probable) étaient inconnues jusqu'à présent, peu connues tout au moins et certainement fort rares. L'utilité de ce double appendice se déduit, du reste, sans peine de la forme et du poids de l'instrument.
Un manche droit en bois, largement évidé à un bout, pour donner passage à la hache, la prenait en travers à la hauteur des anneaux, et l'embrassait en la dépassant. Mais les rebords, par leur surélévation, créant un vide exclusif de toute solidité entre le manche et l'outil, il est probable qu'on y suppléait au moyen de taquets trapézoïdes entrant dans le creux exactement, mais avec effort. Les pièces étant ainsi disposées, on les fixait aux deux côtés de l'outil par un boulon passé à travers l'anneau et amorçant les deux bras
du manche.

la hache en bronze

Un dessin de cette hache par Mr. Magen, qui l'a découvert

L'instrument décrit ainsi offre les preuves d'un usage fréquent : il n'a pas été une arme de luxe inutile et oisive. Un de ses anneaux est déformé par écrasement. Le rebord, fissuré au-dessus deTautre anneau, est déprimé', mâché sur bien des points.
Enfin, la ligne du tranchant présente des ondulations qui résultent de la flexion du métal sous l'effort de corps plus durs que lui. Il n'y a pas eu, au reste, perte de substance, et il suffirait de quelques coups de marteau pour le rétablir dans sa primitive régularité.


Deux tumulus très-rapprochés à Baqué (DICTIONNAIRE ARCHÉOLOGIQUE - RÉPERTOIRE DES MONUMENTS DITS CELTIQUES)

Monnaie romain du IVe siècle trouvé à FrancescasMonnaie romain du IVe siècle trouvé à Francescas
Une pièce monnaie mérovingienne(560-670)trouvé à Francescas
La monnaie est en très bon état de conservation car il s’agit d’un triens (tiers de sous d’or)
pour l’instant non identifié (recherche en cour)
A/ tête de personnage (Christ ?) + lieu de frappe : ______ELO ( ?)
R/ croix ansée + non du commanditaire de la frappe : -S_E_[…]_R_V ( ?)


977-1059: La frontière méridionale de la cité des Nitiobroges (puis du diocèse d'Agen jusqu'au XIe siècle) aurait donc suivi, d'ouest en est, une ligne panant de la source de l'Avance pour atteindre, par Réaup, Le Fréchou, La Hitte, Francescas, Astaffort, la Garonne vers Auvillars. (Inscriptions latines d'Aquitaine (I.L.A.): Nitiobroges (Auteurs: Brieuc Fages, Louis Maurin)

 

Veuillez-trouver le récit des villages s'aquitaine complet ici