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Vicnau - Vigneau - Vigneaux - 32100 (Gers, Condom)

Hameau de Vicnau
Lialores32100
Renseignements / InformationsFOYER
VICNAU-LIALORES
Téléphone : +33 (0)5 62 28 35 0

Il y a un site pour sauvegarder l'église de Vicnau: eglisedevicnau

le hameau vicnau

Vicnau aujourd'hui:

Vicnau est un petit hameau du Nord de Condom, qui se situe dans un environnement tourmenté d’une grande beauté, "paysagistique" comme architecturale.
Ce hameau se trouve à la porte de la gascogne, où la prédominance de l'agriculture et de l'élevage dans ce pays d'histoire, de châteaux, bastides et castelnaux, ajoute une pointe de romantisme et nostalgie.
L’ancien Condomois (traversé par une frontière administrative inique entre de département du Gers et du Lot-et-Garonne) est l’un des pays gascons où l’on trouve en abondance les plus beaux restes des temps anciens et Vicnai et ses environs font bien partie.
L'église est située au cœur du Hameau de Vicnau, et juchée au sommet d'un coteau Gascon. Elle offre une vue à couper le souffle sur la campagne Gasconne.
Au creux des vallons ou au sommet des crêtes se révèlent toutes les architectures d’un précieux patrimoine.
Les châteaux gascons de Mansemcôme, Plieux, Pardailhan, Lagardère, Tauzia...- Les Lʼopulence du terroir agricole et la viticulture ont permis lʼétablissement de nombreux domaines. La maison de maître est fréquente notamment comme siège dʼexploitation viticole, mais on dénombre aussi de nombreux manoirs et leurs parcs arborés à proximité de hameaux anciens. Ce sont de petits hameaux paysans, petite unité urbaine très aménagée, ancienne paroisse et “lotissement” du château, que lʼon retrouve près de Condom où ils sont très nombreux comme à Vicnau avec son Château de Mothes, Lialores ou Gourragne....

Les activités sportives et sociales assurent un avenir pour la jeunesse de la région et l'espect économiques en fait partie.
Un succès national est assuré par "Palet Gascon".

Le Foyer Rural de Vicnau-Lialores, créé en 1980 à l’initiative du tout jeune instituteur du village Alain Lasserre, va intégrer le palet dans son « Plan de Développement Touristique du Lialorais ». Son inspiration salvatrice va être en 1985 l‘écriture du premier règlement du palet gascon (dénommé ainsi afin de lui donner un marquage identitaire et de le différencier de ses «cousins » vendéens, bretons, italiens, espagnols, portugais, etc...). Avant, on disait qu’on jouait « au quilhon » (prononcer «quillou »), avec des mises d’argent minimes.
Si le premier concours aux points se déroule en août 1986, très vite les responsables du Foyer Rural de Vicnau-Lialores comprennent qu’il leur faut attirer le regard des médias en créant un «événement» : ainsi est organisé à Lialores depuis 1990 , chaque 15 août, le « Championnat du Monde de Palet Gascon », épreuve basée sur l’aspect sportif du jeu, sur une dotation en produits du terroir « impressionnante » et surtout sur une convivialité jamais
démentie. On joue sérieux sans se prendre au sérieux !

Une association très active a pris en charge la protection et la sauvegarde du patrimpoine.

Siège de l'association :

Sauvegarde de saint-pierre de vicnau Château de Mothes 32100 Condom
Date de création : 05/06/2019
Date de publication : 29/06/2019
Date de dernière modification : 05/06/2019
RNA : W322005539
Type : Environnement et patrimoine
Objet de l'association : sauvegarde de la mémoire et du patrimoine gascon par le sensibilisation des différents acteurs l'association, en cours de sa vie, aura vocation à exercer les activités suivantes: kermesses, lotos, repas, manifestations diverses association Condom.

Son histoire
En 1279, les serments sont prêtés pour "l'affaire" (affar) de Vicnau et ses dépendances par le chevalier Galabrun de Ligardes et par le seigneur Arnaud de Vicnau.
Dans l'hommage de 14 novembre 1286, Galabrun de Ligardes est toujours seigneur, assisté cette fois de Pierre de Vicnau, damoisseau, et le fief désigné est un "campinasum". Les acaptes sont très rustiques: un baril de vin, quatre chapon, six fougasses.
Galabrun, peut-être originaire de Ligardes qui est situé un peu plus au nord, parait posséder bien d'autres terres en 1271; il témoigne volontiers dans divers actes notariés de la région, et sa caution est recherchée: c'est un personnage ay rayonnement locale indéniable. ses bien autour de Vicnau ont du être étendus: il existe un lieu-dit Ligardes au nord-est de Cannes.
Mais la suite des hommages reçus par Edouard Ier fait apparaître le 16 novembre 1286 à côté de Pierre Vicnau, Bernard de Villat pour les mêmes terres que Galabrun: Gauran et Vicnau, alors qu'en 1259 il avait fait hommage pour le seul Gauran. Berbard de Villar est de la parentèle de Pons d'Andiran, cela indique un échelon élevé dans la hiérarchie segneuriale.
Les seigneurs de Cannes, Vicnau, Lasserre ont eu fortunes diverses. Un aménagement se fait au profit de l'une de ces familles, appuyée sur la terre allodiale dee siècle, Lasserre, terre qui après les enquêtes du début du XIVe siècle rentrera en la main du roi. Cette famille participe peu à peu, et de plus en plus, aux remises de fiefs: Lialores et Pouy-sur-l'Osse surtout.
C'est à l'intérieur de limites étroites que se font les mutations, les regroupements ne présentent pas de continuité géographique, Vicnau, petite Seigneurie jusque-là indépendante, entre désormais dans le fiefs de Galabrun de Ligardes, qui ne sont pas d'un seul tenant. la carte des seigneuries s'est modifiée, mais elle ne s'est pas sensiblement simplifiée.
L'existence de la paroisse de Vicnau est prouvée depuis le XIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe, ainsi que le démontrent les titrés qui ont été analysés et les livres paroissiaux, déposés aujourd'hui au greffe du tribunal civil de Condom conformément aux dispositions du décret des 20-25 septembre 1792. Elle était située dans le territoire condomois, avec une population de 400 âmes environ, et était bornée au nord par la paroisse de Saint-Sericy, au couchant par celle de Lialores, au midi par celle de Sainte-Eulalie et au levant par celle de Gazaupouy. Elle n'a jamais été chef-lieu de juridiction et ne peut dès lors avoir d'histoire civile ou politique proprement dite, puisqu'elle ne jouissait d'aucune initiative personnelle au point de vue de l'administration municipale. Elle faisait partie de la généralité de Bordeaux , élection de Condom, et formait avec plusieurs autres paroisses rurales le ressort de cette dernière ville .

29 mars 1789: vente d'une pièce de terre par M" Jean-François Déluc, docteur en médecine à Miradou.x, et demoiselle Marie-Sophie-Éléonore Pelauque, en faveur de François Launet, habitant à Argenton, paroisse de Vicnau —

Les documents relatifs a l'existence d'une école publique dans la paroisse de Vicnau nous manquent absolument. Ce qu'il y a de certain, d'après la tradition et d'après des témoins encore vivants, c'est qu'avant la révolution, les curés y faisaient régulièrement l'école et donnaient a une quinzaine d'enfants les premiers éléments de l'écriture, de la lecture et du calcul.
Le prêtre n'exigeait aucune rétribution pour ce surcroit de travail; mais les parents assez aises pour pouvoir indemniser de ses peines lui donnaient un sac de blé pour tous les élèves d'une même famille, quel que fut leur nombre.
Tel était l'état de l'instruction primaire dans cette pauvre paroisse, perdue au milieu des bois et éloignée de tout centre intellectuel, par suite du mauvais état des chemins et de la difficulté des communications. Il est cependant permis de supposer qu'alors, comme aujourd'hui, quelques pères de famille envoyaient leurs enfants a Condom, ou ils pouvaient recevoir une éducation plus complète et plus variée.

 

Le hameau Vicnau

Histoire de la paroisse.

L'église de Vicnau

L'origine de l'église paroissiale de Vicnau nous est inconnue; nous pouvons dire sans crainte d'erreur qu'elle se perd dans la nuit des temps. Son nom de Vicus novus, en patois Bignau, nous révèle une origine gallo-romaine. Chacun sait que vicus signifiait d'abord une rue, un quartier. Plus tard, on donna ce nom aux villages et bourgs, ainsi qu'aux maisons de campagne qui se trouvaient jointes les unes aux autres sur les grandes routes, en sorte qu'étant bâties des deux côtes du chemin, elles formaient une rue semblable à celles des villes. Au moment de l'invasion romaine dans les Gaules, les diverses races qui occupaient ce pays se caractérisaient par leurs dialectes particuliers, mais le fond de leur langue était celtique ou ibère, et c'est seulement à la suite de la conquête romaine que des noms latins furent donnes aux agglomérations déjà existantes ou qui se formèrent plus tard.
Quoi qu'il en soit de sa date d'origine l'existence de l'église de Vicnau est prouvée à travers les siècles, par une série de documents que nous croyons devoir indiquer. Le titre le plus ancien qu'il nous ait été donne de consulter au sujet de cette église a éte une copie de la fondation de la ville et cure de Condom extraites d'un ancien cartulaire 57 feuilles de parchemin et en lettres gothiques écrites à la main, trouvé dans les archives du chapitre de l’église cathédrale de Condom, appelé Livre rouge et depuis Livre blanc.
Nous y trouvons ce qui suit, dans Rémunération des églises qui, en 1076, relevaient de l'abbaye de Saint-Pierre : De ecclesia de Bignaou; est et quedam ecclesia quoe dicitur Bignaou etcultura una quam possidet bealus Petrus. Le même circulaire nous apprend en outre que Raymond Bernard de Vicnau eut un fils nommé Raymond, qui fut voué au service divin et servira comme religieux à l'abbaye de Condom, le jour de la fête de tous les saints, en présence du prieur Bertrand.

Raymond-Bernard donna en dot a son fils la moitié d'une pièce de terre qu'il possédait au lieu de Laplaigne, et une double rente annuelle de six deniers que Guillaume Raymond Loripede et Garsioth de Laplaigne etaient tenus de lui payer.
Cette donation fut faite en présence de Pierre, frère de Raymond de Vicnau, du chapelain du monastère, de Lambert, aumônier, et de plusieurs autres témoins dont il serait, dit le cartulaire, fastidieux de rappeler les noms. Il y était stipulé que, si quelqu'un des frères de Raymond voulait jamais rentrer en possession de la terre et de la rente cédées, il serait tenu de payer a l'abbé de Condom 1O sols morlaas ou 1OO sols agenais.
Le 8 Janvier 1315, les habitants de Vicnau et des autres paroisses relevant de la juridiction de Condom furent obliges de s'imposer envers Raymond de Galard, abbé de Condom, le paiement d'une somme de 5 deniers morlaas, pour droits sur le vin vendu par eux à la taverne condomoise.
Janvier 1604, par Gaillard de Lacapère, greffier héréditaire des institutions ecclésiastiques, désigné l'église Saint-Pierre de Vicnau comme étant, avec son annexe Saint-Martin d'Ostelhes ou de Plieux, une cure de l'archiprêtre de Condom. Enfin, l'état des conférences et congrégations ordonnées au synode tenue le 16 juin 1671, conformément aux ordonnances de Bossuet, porte que le curé de Vicnau faisait partie de la quatrième conférence qui se réunissait le 4e jeudi de chaque mois a Moncrabeau.
L'existence de la paroisse de Vicnau est done prouvée depuis le XI' siècle jusqu'a la fin du XVIIe ainsi que le démontrent les livres que nous avons analyses et les livres paroissiaux, deposes aujourd'hui au greffe du tribunal civil de Condom conformément aux dispositions du décret des 20-25 septembre 1792. Elle était située dans le territoire condomois, avec une population de 400 Ames environ, et était bornée au nord par la paroisse de Saint-Sericy, au couchant par celle de Lialores, au midi par celle de Sainte-Eulalie et au levant par celle de Gazaupouy. Elle n'a jamais été chef-lieu de juridiction et ne peut des lors avoir d'histoire civile ou politique proprement dite, puisqu'elle ne jouissait d'aucune initiative personnelle au point de vue de l'administration municipale. Elle faisait partie de la généralité de Bordeaux, élection de Condom, et formait avec plusieurs autres paroisses rurales le ressort de cette dernière ville.

 

L'église de Vicnau

Les curés

Le nom de Vicnau dérive, ainsi que nous l'avons déjà dit, de vicus novus (bourg neuf), et c'est sous ce nom que les titres latins dont nous avons parcouru le texte la désignent.
La série des prêtres qui ont administré la paroisse de Vicnau ne peut, d'après les registres de l'église, remonter qu'à l'année 1668.
Nous la donnerons telle que nous la trouvons établie dans ces documents, en y ajoutant leurs prédécesseurs dont nous avons relevé les noms dans des titres plus anciens.
Le premier en date est Bernard ARLABOSSE,bachelier en théologie, qui administra' successivement les paroisses de Vicnau et de Baulens. C'est probablement lui qui fut chargé par Jean Marre, évêque de Condom, d'accomplir quelqu'une de ses œuvres de charité dont le souvenir est parvenu jusqu'à nous. Nous savons, en effet, que ce grand prélat publia, le 11 janvier 1519, des ordonnances dont le promoteur Lagutère,dans son manuscrit, affirme avoir vu un fragment et en vertu desquelles un prêtre nommé Arlabosse devait s'enquérir de l'état de toutes les filles pauvres et infirmes âgées de plus de vingt-deux ans. Des secours en argent et en vêtements leur étaient distribués dans tous les lieux où l'évêque percevait des dîmes. Or, Vicnau était du nombre des paroisses dont Jean Marre était gros décimateur, et nous nous plaisons à croire que ses bienfaits s'étendirent jusqu'à nos pères.
Bernard Arlabosse fit le 15 décembre 1559, en présence de Jacques Pourret, qui s'intitule « notaire du nombre de la » réduction par l'autorité de Mgr l'évêque comme co-seigneur de Condom en paréage avec le Roy, un testament public aux termes duquel il affectait 500 livres à la réparation de l'église de Vicnau et à l'entretien de son luminaire. Il laissa également 5 livres pour l'entretien du luminaire de son annexe de Saint-Martin de Plieux, plus dix livres de capital destinées à produire une rente annuelle de 1 franc bordelais au profit de ses successeurs, avec incorporation perpétuelle aux rentes et aux revenus de la réctorerie de Vicnau. Le testateur disposait, en outre, d'une autre somme de 500 livres qui devait être partagée dans des proportions déterminées entre le chapitre de la cathédrale, les couvents des frères Prêcheurs, des Carmes, des frères Mineurs et des Clarisses de Condom, les prêtres séculiers chargés des obits dans l'église de Saint Nicolas, et les hôpitaux de Teste, du pont de La Bouquerie et du Pradeau.
Bernard Arlabosse mourut bientôt après, dans la ville de Condom qu'il habitait, et fut inhumé dans la chapelle des frères Prêcheurs, devant l'autel de saint Pierre martyr et de saint Yves, « où estait, » dit-il, «la sépulture de ses maieurs et encestres. » Le cadastre de Condom en date de 1556 révèle l'existence de PEY CABEILH, comme successeur de Bernard Arlabosse, au chapitre de «Faliurament» «de la recloria de Bignaou.
» Il fut avec Arnaud Duberos, curé de Lialores, Pun des témoins qui assistèrent à la rédaction du testament de son prédécesseur.
Après Pey Cabeilh vint JEAN DARTIGUES, qui assista le 29 mai 1537, comme témoin, à la transaction passée entre Guillaume et Jehannot de Nagelles frères, d'une part, noble Bertrand de Peyregaing et Jeanne de Belmontet son épouse, et noble Jehan de Bezolles, d'autre part, relativement à certains droits que chacun d'eux prétendait avoir sur la maison noble de Plieux.
GABRIELCASSAIGNE, curé de Vicnau en 1559, fut un des témoins du testament plus haut mentionné de Bernard Arlabosse. C'est dans l'année de sa nomination que Mongomery entra à Condom le 27 novembre et y passa deux mois, pendant lesquels il pilla les églises des Cordeliers, des Jacobins, des Carmes, des Dominicains et des Clarisses.
Il étendit ses ravages jusqu'à Larroumieu, mais rien ne prouve que l'église de Vicnau ait été l'objet de ses déprédations.
Il fallait aux huguenots des butins trop considérables pour qu'ils pussent espérer de les trouver dans une pauvre église rurale.
HENRI NICOLAS vivait en 1614, d'après les registres paroissiaux de Lialores et de Sainte-Raffiné son annexe, et partageait dès 1610 les charges paroissiales avec un vicaire nommé Jean Larrieu.
BERTRAND DAUNASSANS signa, le 25 avril 1622, l'acte constatant le décès de noble Jean-Pierre du Goût, seigneur de La Roque Sàint-Agnan, survenu dans sa paroisse au château de Beauregard. C'est pendant que Bertrand Daunassans administrait la paroisse de Vicnau que la peste, qui déjà en 1607 et en 1629 avait exercé ses ravages sur la ville de Condom, y reparut vers l'a fin du mois de juin 1652. Elle s'y localisa, et tous les habitants qui purent se retirer à la campagne suivirent l'exemple de l'évêque Antoine du Chemin de Cous, qui habitait le château de Cassagne. Les consuls, les jurats et les membres de la cour présidiale fuirent aussi la contagion, ainsi que le prouve un procès-verbal du 7 août 1652 portant notification aux absents d'une décision du conseil de santé et constatant que M. de Royer, conseiller, était à La Salle de Vignau, Dauguin, jurât, à Gazaupouy, M. de Chambélier, consul, à Lialores, M. de Latournerie, médecin, au Bedat, et M. de Bégué, avocat du roi, à la tour de Plieux.
Cette émigration des principaux habitants de Condom dans la paroisse de Vicnau et dans les juridictions voisines de celle-ci semble indiquer, à défaut d'autres documents, qu'elle fut à l'abri du terrible fléau.
FRIX DUFAU, curé dès 1654, requit, le 5 septembre 1645, de Jean Barrère, notaire de Condom et gardien des minutes de Jacques Pourcet, l'un de ses prédécesseurs, une copie en forme du testament de Bernard Arlabosse. Jean Bégué lui servit de vicaire de 1644 à 1648.
Le nom de JEAN DAUNASSANS, curé de Vicnau, est inscrit dès le 2 avril 1652 sur les registres paroissiaux de Lialores.
Il gérait depuis un an à peine sa paroisse, lorsqu'une peste plus violente que les précédentes s'abattit sur Condom. Il en résulta une si profonde misère qu'une taxe fut établie par les consuls sur tous les ;habitants privilégiés ou non privilégiés de la ville et de la juridiction pour le soulagement des pauvres, dont les curés durent faire le recensement Jean Daunassans assista, le 10 septembre 1671, à la vérification des reliques de saint Antoine dé Lialores, ordonnée par Bossuet, et il signa le procès-verbal qui en fait foi avec Bernard de Bressoles, chanoine théologal, archidiacre et vicaire général du diocèse, François Dutour, curé de Lialores, Pierre Dutour, ancien curé de la même paroisse, Jean Colonies et Joseph Bézian, prêtres, le P. Patrice, gardien des capucins de Nérac, Jean Lagutère, promoteur du diocèse, Charles Durègne, curé d'Alon, Jean du Sage, successeur de Sainte-Raffiné, Biaise de Salles, successeur de la Maurague.
Jean Bégué était fils de Pierre Bégué, procureur du roi Henri IV et de la duchesse Catherine d'Albret au siège présidial de Condom, et de Marie de Champrand.
Le curé de Vicnau mourut à Condom le 15 juillet 1686 et fut, selon ses dernières volontés, enseveli dans la chapelle de Saint-Joseph de son église paroissiale.
PHILIPPE GUILLEMAUDY-LAHERROUZ émet son nom sur les livres de catholicité pour la première fois le 24 juin 1686, mais il ne reste pas longtemps à la tête de la paroisse, puisque dès le 8 mars 1687 il est remplacé par CHARLES Ducos, qui ne posséda lui-même la cure de Vicnau que jusqu'au mois de juin 1689.
BERNARD CARRÈRE, docteur en théologie, succéda, le 12 juin 1689, à Charles Ducos. Le cadastre de 1755 nous apprend que par actes des 25 octobre 1694, 6 avril 1696, 18 novembre 1697 et.6 août 1698 passés devant Lafitte, Richeaume et Dubouch notaires, il avait acheté dans la paroisse de Vicnau une maison et un jardin, d'une contenance totale de cinq cartelades deux cartons, qu'il 'laissa à ses héritiers naturels. Bernard Carrère eut quelque temps pour vicaire son neveu Raymond Carrère, qui fut en 1720 témoin d'un contrat d'obligation consenti par dame Marie-Andrée de Larue, épouse séparée de biens de noble Jean Derenx, écuyer, sieur de Mothes, et André et François de Saint-Germé d'Arcouques, seigneur d'Eslrepouy, en faveur de Jean du Goût.
JEAN DUBERNET, docteur en théologie, né à Condom, exerça d'abord le saint ministère à Caumont et à Moncassin et fut en 1725 pourvu de la cure de Vicnau, dont il resta titulaire jusqu'à son décès. Ce prêtre fut le premier qui établit effectivement sa résidence au milieu de son troupeau, en abandonnant l'habitude prise par ses prédécesseurs d'habiter la ville de Condom. Il est juste d'ajouter que ceux-ci étaient obligé d'agir de la sorte, la paroisse ne possédant pas de presbytère affecté à leur demeure. Nous en avons la preuve dans une requête adressée, le 24 avril 1754, au sénéchal de Gascogne par Jean Delanes, chapelain de Condom,
d'après laquelle il réclamait aux héritiers de Jean Dubernet la somme de 52 livres, pour prix de la dernière année de location d'une maison lui appartenant et qui depuis plus de trente ans servait de logement au curé.
Jean Dubernet fit,le ler juin, un testament solennel, aux termes duquel il laissait son hérédité à Louise Bégué-Plieux, sa petite-nièce, et priait Bernard Lozes, curé de Francescas, d'être son exécuteur testamentaire. Il y était stipulé que le lendemain de son décès on distribuerait aux pauvres de Vicnau et de Saint Martin-de-Plieux un sac de pain ou l'équivalent en argent, et il affecta la somme de 50 livres à l'achat d'un tabernacle et de six chandeliers dorés destinés à l'ornementation du maître-autel de son église paroissiale (2). Le 2 juin de la môme année, il dressa un état de ses biens meubles et immeubles, puis il décéda à Vicnau, le 1er février 1754 et fut, selon son voeu, inhumé au pied de la croix du cimetière « dans un «appareil très modeste, ne voulant pour sa sépulture que » treize cierges de demi-quart chacun.
JOSEPH DROUILLARD remplaça Jean Dubernet, son oncle, dès les premiers mois de l'année 1754 et il était encore curé de Vicnau le 28 novembre 1780, puisqu'à cette date il bénit dans son église le mariage de Marie Drouillard, sa nièce, avec noble Joseph Marion de Lanauze, de Laparre, dans la juridiction d'Aubiac. Pierre Pelauque, qui devait être son (1) Jean Delanes avait un frère qui, en 1754, était curé de Tressens.
(2) Ce tabernacle, quoique hors d'usage, est encore à Vicnau, de même que les six chandeliers en bois doré qui ornent l'autel de la chapelle actuelle de la Ste Vierge.
(3) Jean Dubernetavait un frère nommé Jean, comme lui, qui fut curé de Baulens et de St-Eulrope-de-Bax.jusqu'au 22 mars 1744,date de son décès. Parmi les vicaires du curé de Vicnau, on trouve son dernier successeur, lui servit de vicaire pendant les deux dernières années de son ministère.
PIERRE PELAUQUE, né à Condom, fut nommé curé de Vicnau aussitôt après la mort de Joseph Drouillard et prit possession de sa paroisse le 1er janvier 1780.
Il l'administrait depuis près de neuf ans, lorsqu'une lettre de Louis XVI, en date du 24 janvier 1789, relative à la convocation des Etats Généraux du royaume, fut publiée et enregistrée à Condom, le 11 février suivant, par ordre de M. de Latournerie, conseiller du roi, président présidial et lieutenant général civil en la grande sénéchaussée de Gascogne.
L'évêque de Condom, les abbés séculiers et réguliers, les chapitres, corps et communautés ecclésiastiques rentes, séculiers ou réguliers, des deux sexes, les prieurs et les curés devaient, à la requête de M. de La chapelle, procureur du roi, être assignés par un huissier au chef-lieu de leurs bénéfices.
Les chapitres et communautés ecclésiastiques furent tenus de se faire représenter par des députés de l'ordre du clergé dans la proportion déterminée par les articles 10 et 11 du règlement royal, tandis que les bénéficiers comparaîtraient en personne ou par des procureurs de leur ordre. Défense était faite aux curés demeurant à plus de deux lieues de Condom de se rendre personnellement à la convocation s'ils n'étaient assistés dans le service paroissial d'un vicaire obligé de les remplacer pendant leur absence. Tous les autres ecclésiastiques engagés dans les ordres devaient comparaître le 9 mars, à huit heures du matin, devant le lieutenant général civil. M. Pelauque se conforma aux injonctions de la justice, et le dimanche suivant les habitants de sa paroisse entendirent, au prône de la messe, la lecture des lettres et ordonnances, dont un exemplaire imprimé fut affiché à la porte de l'église. Le curé de Vicnau se réunit à l'ordre du clergé dont le vote appela aux Etats M. Laborde, curé de Corneillan.
Le 20 novembre 1789, notre église fut témoin d'une cérémonie militaire à laquelle elle n'était pas habituée. MM. Moliné, de Beauregard et Pugens-Labéziade, consuls de Condom, se rendirent ce jour-là à Vicnau, revêtus de leurs chaperons et précédés des valets de ville, pour recevoir le serment de la troupe patriotique et de sesofficiers. Les consuls, à leur entrée dans l'église, reçurent le pain bénit des mains de M. Pelauque, et, après la messe, se placèrent au milieu de la troupe rangée sur la place du village. L'étendard était déployé; lecture fut faite du serinent prescrit par le décret du 10 août 1789, et les soldats, la droite levée au ciel, jurèrent à Dieu, entre les mains dé leur commandant, de bien et fidèlement servir pour le maintien de la paix, pour la défense des citoyens contre les perturbateurs du repos public, et d'être fidèles à la nation, au roi et à la loi. Les officiers, à leur tour, prêtèrent serment à la nation, à la loi et au roi et jurèrent de ne jamais employer ceux qui étaient sous leurs ordres contre les citoyens, si ce n'est sur la réquisition des officiers civils ou municipaux. Les officiers de la troupe patriotique de Vicnau étaient MM. de Molier, commandant, Derenx, capitaine, et Derenx," lieutenant.
Chacun sait, hélas! ce que produisirent ces Etals Généraux dont le but était de« proposer, remontrer, aviser et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l'Etat, la réforme des abus, l'établissement d'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de l'administration, la prospérité générale du royaume et le bien de tous et de chacun des sujets du roy.
» Tout ce qui avait été modifié fut renversé; les anciennes provinces perdirent leur autonomie et leur nom; la Gascogne devint le département d'Armagnac ou du Gers; plusieurs municipalités disparurent et d'autres voulurent naître à la vie civile. La paroisse de Lialores, qui, de tout temps, avait dépendu de la juridiction de Condom, voulut s'ériger en commune indépendante pour la formation du rôle d'imposition, et le 1er juin 1790, les administrateurs condomois prirent une délibération longuement motivée pour s'opposer à ce démembrement.

L'église

L'église de Saint-Martin de Plieux était construite dans la partie méridionale de la paroisse de Vicnau, sur la gauche du chemin de Condom à Francescas et non loin de l'ancienne métairie de Lauroué. La porte s'ouvrait au levant près du sol du chemin, et l'autel principal se trouvait au couchant. A droite, près du chœur, était une chapelle placée sous le patronage des seigneurs de Beauregard et voûtée, comme l'église elle-même, en pierre détaille, dans le style roman. La sacristie était placée à sa gauche et le cimetière l'entourait.
Une statue du Christ du 15ième siècle se trouve aujourd'hui (1981) dans l'église paroissiale à Miramont-d'Astarac (Gers).
Description de l'église.

EXTÉRIEUR.
— Les murs de l'église de Vicnau sont construits avec deux appareils réguliers et de dimensions différentes. Le petit appareil, formé de pierres cubiques, mesurant dix centimètres de carré, a été seul employé jusqu'à une hauteur de trois mètres au-dessus du sol; comme ce mode a disparu presque entièrement après le xe siècle, il est permis de dire que la partie inférieure de l'église est antérieure à cette époque. Elle remonterait donc à la période romane primitive, ou serait même peut-être, quoique dénuée de l'interposition ordinaire de chaîne de briques, un reste de bâtiment gallo-romain dont la destination première nous est inconnue. Au-dessus du petit appareil, on trouve l'appareil moyen de pierres carrées de 25 centimètres, d'une date postérieure. Il n'y apparaît aucune marque de tâcheron; du reste, ces marques ne se rencontrent dans nos pays que sur quelques monuments bâtis depuis la seconde moitié du XIème siècle, et nous croyons que l'église de Vicnau, prise dans son ensemble, date au plus tard des premières années du XIe siècle. Mais à raison même de leur vétusté, les murs, qui ne supportaient d'ailleurs ni dessins, ni moulures, ni inscriptions, ni écussons, ont dû être, depuis longues années, préservés de l'intempérie des saisons par une couche épaisse de maçonnerie de chaux et de sable, qui leur a complètement enlevé leur cachet primitif.
Le bâtiment est orienté du levant au couchant; on y entre au midi par une porte sans caractère architectonique, abritée par un porche en forme d'appentis, qui se compose d'un toit appuyé sur le mur de l'église, incliné en avant et soutenu par des piliers, qui reposent eux-mêmes sur une banquette de pierre de taille. A quelques mètres et en avant de cette porte se trouve l'entrée du cimetière dont le niveau est plus élevé que celui du sol voisin, ce qui entretient de ce côté de l'église une humidité d'autant plus pénétrante que les eaux de la toiture, n'étant pas colligées par un chenal,
filtrent à travers les murs sur une longueur de 14 mètres. La sacristie est placée au levant, derrière le clocher; au nord et au couchant, l'église fait corps avec les bâtiments qui constituaient avant 1795 l'ancien presbytère paroissial.
Le clocher se compose d'une tour rectangulaire bâtie en appareil moyen, aujourd'hui crépi comme le reste de l'église, d'une hauteur actuelle de 9 m. 20 centim. sur une largeur de 4 m'. 55 et une profondeur de 6 m. 65. Cette lotir était jadis plus élevée, s'il faut en croire la tradition, corroborée par l'aspect même des pierres sur lesquelles s'appuie une charpente en bâtière dont les rampants se dirigent au nord et au midi. C'est sous cette charpente qûéles cloches étaient placées au siècle dernier; mais leur son ne pouvant se répandre assez loin faute d'ouvertures suffisantes pour lui donner passage, on a construit, il y a une-cinquantaine d'années environ, sur le mur du couchant de la tour, un clocher triangulaire, dans Faire duquel ont été ménagées trois arcades ou baies romanes. L'une d'elles abrite la cloche unique et moderne de l'église. On y arrive par un escalier extérieur bâti en pierre et muni d'une rampe en fer, lequel, s'encastrant dans les murs delà tour, la contourne à son angle sud-est et conduit aux combles en passant au-dessus du toit de la sacristie. Du sommet de cet escalier, on voit les deux contreforts élevés aux angles nord-ouest et sud-ouest de la tour afin d'arrêter la poussée des murs provoquée par l'ouverture de l'arceau qui met en communication directe l'église et le chœur placé dans l'étage inférieur de cette tour.

INTÉRIEUR.—:

L'église de Vicnau à l'intérieure en 2019

L'église de Vicnau à l'intérieure en 2019

La porte du midi, dont nous avons parlé plus haut, donne seule accès dans l'église, dont la forme est celle d'un rectangle qui se prolonge de l'orient à l'occident.
Elle n'a qu'une seule rief et mesure 15 m. 65 de long sur 6m. 05 de large.' Sa hauteur, mesurée du sol dalléen pierres aux lambris tenant lieu de voûte, est de 7 ni. 25. Ces lambris en menuiserie présentent une surface plane et se relient aux murs latéraux par une corniche concave, à l'angle sud ouest de laquelle nous avons retrouvé la date de leur établissement.
Elle est écrite au crayon, en gros caractères, et est ainsi conçue : Jésus Maria Joseph. Fait par Etienne Bouchet et Jéân Roumat, charpentiers à Moncrabeau 1755. Rien n'indique dans les combles l'existence antérieure d'une voûte de pierre ou de briques; il est donc raisonnable de supposer que les lambris actuels en ont remplacé d'autres plus anciens, dont l'usage était antérieur, dans beaucoup d'églises, à la construction dés voûtes.
La monotonie des mûrs enduits d'un badigeon blanc n'est rompue que par quelques toiles sans valeur au nombre de huit. La peinture en est mauvaise et les couleurs sont effacées par la moisissure. Deux de ces tableaux méritent cependant d'être signalés, non à cause de leur mérite artistique, mais parce qu'ils portent avec eux le souvenir de ceux qui les ont donnés. Le premier, appliqué sur le mur du midi, contient à sa partie inférieure et à gauche l'inscription suivante, rongée par le temps :
Chrislo înfanti. V. D. C. — Selecli Humanïst. —
Lud. de Gombaull — Jos. Dubernet — Joan* Lagutère —
Pelrus Bourgade — Joan. Cazaux — Jos. Mauras —
Jul. Darmajan — Franc. André — Em. de Larligue. —
Il est permis de supposer que ce tableau, dont l'origine est inconnue, aura été donné à cette église, dans le courant du siècle dernier, par des élèves du collège de l'Oratoire de Condom, parmi les noms desquels nous remarquons celui de Joseph Dubernet, plus tard curé de Tressens et frère puîné de Jean Dubernet, curé de Vicnau de 1725 à 1754.
Le second de ces tableaux, placé au fond de l'église, est orné d'un écusson, sommé d'un casque avec ses lambrequins, qui peut se décrire ainsi : d'azur au chevron de sable accompagné à dextre d'une étoile d'or, à senestre d'un croissant d'or et au bas d'un lion d'or. Il représente sans doute les armes du donateur, qui nous est inconnu.
Au-dessous de ce dernier tableau, une ouverture semicirculaire éclaire un enfoncement pratiqué dans l'épaisseur du mur qui servait de baptistère avant la suppression du titre paroissial de Vicnau. On y voit encore les fonts baptismaux consistant en une cuve caliciforme et octogonale en pierre, d'un diamètre de 0m66, établie sur un fût cylindrique qui repose sur une base carrée, de sorte que le calice forme le chapiteau de cette colonne surbaissée.
Sur le mur de droite existe une fenêtre romane de lm50 de haut sur Om40 de large. Elle paraît, par sa forme et ses dimensions, assez caractéristique du XIe ou du XIIe siècle.
C'est à la place occupée par cette fenêtre que noble Philippe de Vigier, sieur du Cause, avait eu, dans le courant du XVII siècle, l'intention de construire une chapelle qui aurait fait le parallèle de celle que nous décrirons ci-dessous. Jean d'Estrade, évêque de Condom, lui accorda, le 19 mai 1657, l'autorisation nécessaire, sur l'avis conforme de Jacques de Lauriac, chanoine de Saint-Pierre, en date du 22 avril précédent.
Nous ignorons pour quelle cause Philippe de Vigier n'exécuta point son projet, qui aurait donné à notre église le caractère d'une croix latine.
Sur le mur de gauche est la chapelle dédiée autrefois à saint Joseph et aujourd'hui à la sainte Vierge, qui forme un corps avancé dans les bâtiments de l'ancien presbytère. Elle a pour unique ouverture l'arcade qui l'éclairé. Le sol en est carrelé depuis peu d'années; il s'élève de 0m 15 environ au dessus de celui de l'église et en est séparé par une balustrade en fonte ornée de trèfles dorés et quadrifoliés. Elle est voûtée en pierre, mesure 5m de long sur 5m 65 de large et n'a qu'une seule travée formée par quatre arêtes saillantes, dominées à leur centre par une clef circulaire chargée de trois escarboucles d'or posées 2 et 1 sur un fond de gueules. La retombée de la voûte, haute de 5m 50 à son point central, est soutenue aux angles du mur terminal par deux colonnes engagées; des deux autres côtés elle repose, à 2m au-dessus du sol, sur deux consoles ovale formes dont l'une est côtelée et l'autre ornée des coquilles de saint Jacques. L'autel en bois peint placé au levant est surmonté d'un tabernacle sur lequel se trouve une statue de la Vierge Mère en bois doré haute de 0m65. Elle est d'un travail grossier qui dénote l'enfance de
l'art et une haute antiquité.


CHOEUR

Un arceau semi-circulaire, mesurant 2m70 de large et percé dans le mur couchant de la tour, met en communication l'église avec le chœur, dont elle est séparée par une balustrade enfer forgé d'un travail très ordinaire.
Ce chœur est rectangulaire et mesure 5m 42 sur 5m 23; sa voûte, haute de 6m 25, est romane, et il est éclairé au midi par une fenêtre du même style de lm 154 de haut sur Om40 de large.
Un autel moderne en marbre blanc élevé de deux marches, orné d'un retable et d'un tabernacle de même matière, est orienté au levant. Il est adossé à un vaste contre-retable en chêne sculpté, dont l'entablement avec fronton triangulaire, chargea chacun de ses angles d'un vase renfermant des bouquets de fleurs, est soutenu par deux colonnes. De la base rectangulaire de ces colonnes émergent des chérubins et des bouquets de roses liées entre elles par des phylactères; au dessus de cette base elles sont cannelées et surmontées de chapiteaux d'ordre corinthien. Au centre du tympan apparaît un chérubin en haut relief, et sur les lignes formées par les côtés les plus longs du triangle deux auges demi-couehôs tiennent des palmes dans la main droite. Le centre du contre- retable est occupé par une toile de 2m 14 de haut sur 4m 70 de large représentant la mort de Notre-Seigneur sur la croix. La tête du Christ est penchée vers sa droite, et saint Pierre, patron de l'église de Vicnau, est agenouillé à ses pieds; il lève les yeux vers le Sauveur, tandis que, derrière lui et de l'autre côté de la croix, la Vierge et saint Jean sont debout dans l'attitude de la douleur. Cette toile, d'une exécution médiocre et qui ne porte ni date, ni nom d'auteur, est posée dans un cadre bonibé, sur lequel courent des rinceaux de feuilles de chêne. Ce cadre lui-même est appliqué sur un large bandeau orné de feuilles sculptées le reliant aux colonnes qui supportent l'entablement. L'ensemble de ce monument, remarquable par la richesse du dessin et la délicatesse des sculptures, ne mesure pas moins de 5m 10 de haut sur 3m 25 de large; il couvre tout le fond du chœur et rejoint les murs latéraux au moyen de deux panneaux en forme de modifions renversés. Celui de gauche porte au centre un buste en bas-relief de N.-S.-J.-C, tandis que celui de droite est tronqué pour laisser libre la porte qui conduit du chœur à la sacristie.
Tel est sommairement ce morceau d'ornementation sculpturale, dont le type nous est venu d'Italie avec les deux reines de la maison de Médicis, et qui, sans être irréprochable au point de vue de l'art, peut être considéré comme une rareté curieuse, pour ne pas dire unique, dans une pauvre église de campagne
.

Le hameau Vicnau

Le Cimetière.

Nous avons déjà dit que le cimetière de Vicnau longe l'église du côté du midi. Il ne contient ni lanternes sépulcrales, ni oratoire, et aucune légende ne s'y rattache. La quantité considérable d'ossements trouvés en dehors de son périmètre actuel et presque au niveau du sol prouve qu'autrefois sa superficie était plus étendue qu'aujourd'hui. Le banc de rochers sur lequel il est situé, et qui forme son sous-sol, ne permet pas de creuser les fosses à la profondeur légale, et il en résulte parfois des exhalaisons qui ne sont pas sans danger pour la santé publique. Tout autour du cimetière et dans les champs environnant l'église, des fouilles ont révélé l'existence de nombreux sarcophages enfouis à une très légère profondeur et rangés sur deux lignes à peu près régulières. Le soc de la charrue heurte parfois leur couvercle. L'un d'entre eux très apparent, occupe le centre de la place, publique. Les habitants de Vicnau évaluent à deux cents environ le nombre des sarcophages qui ont été découverts, et ils ajoutent que les agents des ponts et chaussées, qui en avaient trouvé une quantité considérable dans les déblais qu'ils furent obligés de faire afin d'établir le niveau du chemin de Vicnau à Parsabeau, les ont brisés pour en paver la chaussée. Ils renfermaient des ossements appartenant à plusieurs corps; l'un d'entre eux contenait trois têtes en assez bon état de conservation. Or, comme ils n'ont qu'un seul compartiment, ils ont dû servir à plusieurs inhumations successives. Ceux que nous avons vus sont dénués d'inscriptions, de sculpture et de tout objet pouvant nous fixer sur la date de leur construction. À défaut d'indication précise, nous ferons remonter les plus anciens à la première période de l'ère romane primitive, c'est-à-dire aux époques mérovingienne ou carolingienne. D'autres, qui paraissent plus modernes et ne remonter qu'au XIIe siècle, renferment un espace circulaire destiné à recevoir la tête. Ils sont orientés de telle sorte que les pieds des morts étaient tournés à l'est.
Ceux que nous avons examinés ont une longueur de 2m 15 hors œuvre et de lm 95 dans œuvre, sur une largeur de 0m 80 dans le haut hors œuvre et de 0m 50 dans le bas, sur une profondeur de 0m 40. Certains de ces sarcophages sont creusés dans le roc, de telle sorte que le couvercle seufest mobile; d'autres sont détachés du roc et faits avec une pierre du pays. Il en existe enfin une troisième catégorie relativement à laquelle nous ne pouvons dire s'ils ont été faits sur place ou transportés, mais il est certain qu'ils sont formés d'un calcaire jaunâtre et friable dont on ne connaît pas la carrière dans les environs du village de Vicnau. Les couvercles destinés à clore l'ouverture de ces tombeaux sont tantôt monolithes et tantôt composés de plusieurs morceaux. Ils sont formés de deux ou de quatre pans (L'intérieur de quelques-uns de ces tombeaux présente au centre une ligne ondulée, de telle sorte que leur profondeur est, du côté de la tête, de 0m35, au centre de 0" 40 et aux pieds de 0° 20) tectiformes, inclinés sur les faces du sarcophage, taillés verticalement, égaux et semblables deux à deux. Leur hauteur est de 0m 26, et les plus étendus mesurent en longueur 2m 15.
Le mode, de sépulture dont nous venons de décrire un spécimen était très commun du IVe au IXe siècle, et la présence d'aussi nombreux témoins de ces siècles reculés autour de l'église de Vicnau est une preuve irrécusable de son existence dans les premières années du moyen âge. (AM. PLIEUX. CHRONIQUE)

Les bienfaiteurs de l'église de Vicnau

Ainsi que nous l'avons déjà dit au début de cette étude, nécessairement fort incomplète, il nous est impossible de retrouver les noms des fondateurs de l'église de Vicnau et de raconter sa fondation. Les documents publics et privés nous manquent à cet égard; nous nous bornerons donc à analyser les dons qui, à diverses époques, ont été faits à cette église, en suivant l'ordre chronologique de ses bienfaiteurs connus.
Le premier est Arnaud-Guillem de Gensac, bourgeois de Condom, marié à Miramonde de Boulet et qui fut père de Peyronnet de Gensac et de Marguerite, mariée au commencement du XVIe siècle à Guillaume de Castillon, licencié-èsdroits, lieutenant du sénéchal d'Agenais et Gascogne au siège de Condom. II fit, le 3 mars 1518, un testament latin comprenant 27 pages d'une écriture" serrée, qui contient une quantité considérable de legs pies. Nous remarquons entr'autres le don fait à la cure de Vicnau et de Saint-Martin de Plieux, son annexe, du domaine de Lartigau, qu'il avait acheté à Bernard de Sainte-Germaine. Ce domaine confrontait à terres d'Argenton, de Jehannot de Pérès et à chemin public allant de Lialores à Larroumieu et se composait de trois concades.
Il y ajouta une autre pièce de terre contenant une concade, cotée 12 livre d'alivrement, sise dans la paroisse de Saint-Martin de Plieux, dite à las Boubées, confrontant à chemin public de Condom à Francescas et à Raymond Ducomet, et un franc bordelais de rente annuelle que Pierre Sénat, de Lialores, était tenu de lui payer suivant un acte public retenu par Jean de Broca, notaire de Condom. Ces diverses donations furent faites à la condition que le curé actuel de Vicnau et ses successeurs à l'avenir célébreraient tous les ans une messe de mort pour le bienfaiteur et pour le repos de l'âme de ses parents, à l'intention desquels « il était, dit-il,» obligé de prier tous les dimanches. »
Le testament d'Arnaud-Guillem de Gensac contient, en outre, des donations considérables faites à l'église de Saint Jean de Pujols; aux bassins du Corps du Christ, delà Sainte Vierge, de Saint-Sébastien et du Purgatoire, dans la cathédrale de Saint-Pierre; aux églises de Saint-Barthélémy, de Saint-Jacques, de Saint-Michel, de Saint-Jean et de Sainte Eulalie, et aux quatre hôpitaux de la ville, aux religieux de Saint-Pierre, aux prêtres séculiers, aux Carmes, aux Frères Prêcheurs, aux Frères Mineurs, aux religieuses dominicaines de Prouillan, aux soeurs minorettes de Condom et aux Augustins de Mèzin. Arn.-G. de Gensac fonda et renta aussi plusieurs chapellenies à Condom et à Francescas. Il fut enseveli dans la chapelle de Sainte-Anne, de l'église cathédrale de Condom.
Jean Pierre de Goth de St. Agnan fut enseveli le 23 août 1622 dans l'église de St. Martin de Plieux, près Vicnau.
Jean de Goût de Saint-Agnan, seigneur de Benauville, dans le comté de Salm, en Lorraine, et de Beauregard, en Condomois, s'était marié le 26 avril 1691 avec Catherine de Mus, fille de noble Pierre de Mus, seigneur de Benauville.
Elle était veuve de Jean de Renau, lieutenant-capitaine au régiment de Rohan, et avait eu de son premier mariage un fils qui devint, dans la suite, lieutenant-général au service de l'Allemagne. Jean du Goût avait longtemps servi dans les armées du roi en qualité de lieutenant au régiment du prince Camille de Lorraine; il devint plus tard commandant du bourg de Martin ou Mariera, dans la basse Alsace.
Par son testament du 10 février 1753, il léguait aux curés de Vicnau un capital de 1,000 livres dont l'intérêt-devait être employé à payer les honoraires de vingt messes basses et de la récitation par quinzaine d'un de profundis sur la tombe de sa famille dans l'église de Saint-Martin de Plieux. Cette somme de 1,000 livres fut, conformément aux intentions du testateur, prélevée sur celle de 4,500 livres qui lui était due par M. et Marc Derenx de Mothes, suivant contrat du 14 décembre 1728. Outre ces revenus, provenant de dons particuliers et grevés d'obligations au bénéfice des âmes des trépassés, les curés de Vicnau percevaient la dîme dans l'étendue de leur paroisse et y jouissaient en propre d'une certaine quantité de bienfonds, que le cadastre de 1735 fixe à 11 cartelades 3 cartons 2 escats. D'autres bénéficiers y possédaient aussi des immeubles ruraux. Parmi eux nous pouvons citer les marguilliers, inscrits en 1787 pour 1 quarton 56 escats de terres labourables; les religieuses de Prouillan, pour 5 cartelades 6 escats de bois taillis; les dominicains de Condom, pour 9 cartelades de terres arables, et Joseph Daleman, prieur et seigneur de Lannes, pour une pièce de terre et une vigne qu'il affermait le 12 mai 1701 à noble Jean Marie de Molier, moyennant la rétribution annuelle et perpétuelle de 6 sols 3 deniers, payable à la Grange de Lannes le jour de là Toussaint.
Le dernier bienfaiteur de l'église de Vicnau depuis qu'elle a perdu son titre paroissial est M. Pierre-Marie-Basile Plieux, né à Condom, le 2 février 1771, et décédé à Plieux, le 27 février 1857. Il fit, le 30 juin 1855, ses dispositions de dernière volonté dans les termes suivants :
« Je donne et lègue à l'église de Vicnau, située dans la commune de Condom, une somme de deux mille francs, à la charge de faire dire tous les ans, dans cette église, six messes basses pour le repos de mon âme, et d'employer ce qui restera sur les intérêts de cette somme, après le paiement de ces messes, à l'entretien et à la réparation de ladite église. Dans le cas où il viendrait à arriver quelque avarie à l'église de Vicnau ou que des réparations importantes ou urgentes y devinssent nécessaires, je consens à ce que l'on prenne sur les deux mille francs ci-dessus mille francs pour faire ces réparations. »

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