Les églises disparues

S. Caprais de Boulens
Les ruines de cette chapelle avec partie ancien cimetière, d'une contenance de 8 escats, estimées 100 livres furent vendus pendant la Révolution.

S. Barthélemy de Trillan
Dans la commune de Francescas, sur la route de cette petite ville à Condom, à peu près à la limite des trois commune de Francescas, de Lasserre et de Moncrabeau s'élevait la petite église de St.Barthélemy de Trillan. Cette paroisse est citée dans un hommage de 1286 au roi d'Angleterre: in parrochia Sancti Bartholomei de Trillan (Auch; Hist. de la Gironde; A1, page 387). Le cartulaire d'Agen (XIIIe siècle) fait aussi mention.
L'église de S. Barthélemy fut désaffectée sans doute avant le XVIe siècle et son territoire réunie à la paroisse de Francescas formait un dimaire qui appartenait encore à la fin de l'ancien régime au chapitre de Condom.
Parmi les autres églises du voisinage qui disparaissent vers la même époque peut-être la guerre de Cent Ans, on peut citer encore celle Montclar qui est ainsi déclaré dans la Bulle A V. Le territoire de Francescas avant la fin du XIe siècle appartenait à l'abbaye de Condom. On lit en effet, dans le cartulaire de cette abbaye (livre blanc 1076 - est alins Sancta Maria de Franciscano dictus et domino nostro (1 petro) subditus cum omnibus appenditiis suis). Ce n'était alors qu'un simple allen. Les moines bâtirent la ville sans doute peu après. Dans une bulle de 1163 confirmations des biens de l'abbaye. Alexandre III cite ecclesiam de Franciscano cum omnibus appenditiis ( histoire anonyme de Condom).

L'ÉGLISE DE SAINT-MARTIN

d'Ostelhes, des Estouillas ou de Plieux (l'annexe de l'église de Vicnau) était certainement fort ancienne, quoique nous ne puissions préciser l'époque de sa fondation. Sa qualité d'église secondaire ou d'annexé fait qu'il est rarement question d'elle dans les actes publics, ceux-ci ne relatant d'ordinaire que le chef-lieu paroissial. Cependant elle est mentionnée dans quelques documents sous les trois dénominations ci-dessus rapportées. Et d'abord, quelle peut être l'origine et l'étymologie de ces dénominations accessoires ? Peut-être le nom d''Ostelhes, qui semble dérivé d'Ost-(armée), fut-il appliqué à l'église de Saint-Martin en souvenir de quelque bataille inconnue ou d'un campement de troupes qui eurent lieu jadis sur son emplacement? Le nom de son protecteur militaire et la quantité considérable d'ossements humains et de chevaux entassés, plutôt que symétriquement enterrés, qui a été trouvée dans les champs, jusqu'à plus de deux cents mètres des limites de son ancien cimetière, nous confirment dans cette opinion.—Le nom des Estouillas
(s'il n'est pas une corruption d'Oslelhas) s'explique naturellement par la présence autour de l'église de champs de blé coupé et réduit à l'état de chaumes; ou bien encore parce que l'église elle-même aurait été construite sur un chaume.
Enfin, la dénomination de Plieux lui vient de ce qu'elle était bâtie sur le terrain mouvant de cette ancienne seigneurie, dont les titres en notre possession remontent à la fin du XIIIe siècle. C'est toujours sous le nom de Plieux que l'église de Saint-Martin lut officiellement connue, ainsi que le prouvent les livres de catholicité tenus par les curés de Vicnau et plusieurs actes publics, dont le premier à notre connaissance porte la date du 6 mai 1465. C'est le titre d'inféodation d'une pièce de terre consentie par le seigneur de Beauregard de Pierre, habitant des bordes de Laone, et sa reconnaissance par le feudataire l'église de Saint-Martin de Plieux était construite dans la partie méridionale de la paroisse de Vicnau, sur la gauche du chemin de Condom à Francescas et non loin de l'ancienne métairie de Lauroué. La porte s'ouvrait au levant près du sol du chemin, et l'autel principal se trouvait au couchant. A droite, près du chœur, était une chapelle placée sous le patronage des seigneurs de Beauregard et voûtée, comme l'église elle-même, en pierre détaille, clans le style roman. La sacristie était placée à sa gauche et le cimetière l'entourait.
L'annexe de Saint-Martin avait été établie, comme toutes les anciennes succursales, à raison de la trop grande étendue de la paroisse et pour faciliter aux fidèles les moyens d'assister au service divin. C'est de sa création que naquit probablement la nécessité de faire aider le curé par un vicaire, à l'entretien duquel le curé lui-même, et, à son défaut, les gros décimateurs étaient tenus de pourvoir, conformément aux dispositions du Concile de Trente.
Il est permis de supposer aussi qu'avant l'institution d'un vicaire en titre, l'église de Saint-Martin était desservie par un de ces prêtres qui vivaient, au nombre de cinq ou six, dans chaque paroisse, s'il faut en croire le procès-verbal de la visite des églises faite en 1519 par l'archidiacre de l'évêque Jean Marre. « C'est sans doute ce nombre considérable de prêtres, dit le promoteur Lagutère dans ses Mémoires, qui donna lieu à la bâtisse de tant de chapelles dans le détroit de chaque cure, faites pour la commodité du service des paroissiens et auxquelles on a donné depuis le nom d'annexés. Elles rendent le diocèse très difficile à servir, el ont donné lieu au bis in die, ne s'y trouvant pour le présent ni nombre de prêtres ni de quoi les entretenir. »
Cette annexe comptait parmi ses bienfaiteurs les du Puy, les Bezolles, les d'Aurenx, les d'Arbisse et les Faudoas, qui furent successivement seigneurs de Plieux, et les seigneurs de Beauregard, parmi lesquels nous distinguons Jeau-Pierre du Goût de Saint-Agnan qui y fut enseveli le 23 août 1622.
Les dîmes de Saint-Martin produisaient en 1647 la somme de 420 livres, payables par moitié à Pâques et à Toussaint, et 12 sacs d'avoine, qui devaient être engrangés clans les greniers épiscopaux vers la fête de Notre-Dame d'août.
Le culte divin n'a plus été célébré dans cette église depuis la Révolution. A cette époque, ainsi que nous l'avons déjà dit, les cloches et les vases sacrés qui l'ornaient furent saisis ou dispersés. Elle ne fut cependant démolie que vers 1840, et ses pierres servirent à paver le chemin actuel de Condom à Francescas sur une longueur de 800 mètres.
Il ne reste plus rien aujourd'hui de cette ancienne construction; son emplacement et celui du cimetière appartiennent depuis 1860 à M. Cortade de Moussaron, qui les entoure du plus profond respect en ne permettant pas qu'ils soient livrés à la culture agricole. Grâce à lui, les cendres, des fidèles reposent en paix sur ce coteau solitaire, à l'ombre des arbres dont les racines enserrent leurs tombes, et près de la source àŕ laquelle une pieuse tradition reconnaissait le pouvoir de guérir les yeux malades. (Revue de Gascogne 1882)

L'ORATOIRE dédié à SAINT-AVIT

bâti en face du hameau de Lasbadies, n'existe plus aujourd'hui.
Il avait une porte unique au couchant, sur le chemin actuel de Condom à Francescas, et était bordé parmi cimetière du côté du nord. Le dénombrement fait dans le cours du XVIe siècle, par les consuls de Condom, des terres dépendant de leur juridiction, mentionne les paroisses suivantes : Saint-Orens, Notre-Dame de Bordères, Saint-Suplice de Camisals, Cornillières, Macquin, Mous, Caussens, La Courtade, La Cappe, Caulazon, Cieurac, SaintSuplice, Rapolha, Le Pontardon, Vicnau, Saint-Avit, Lialores, Cannes, Espiassac, Sarrazan, Escrimis, Grazimis, Le Poumaro, Goualard, Larressingle, Couchet, Mouret et Saint-Caprais de Filhet.
Il résulte de cette pièce (si le contenu est exact, ce qui est douteux) que Saint-Avit était une paroisse qui ne tarda pas à être supprimée, puisque les pouillés de 1604 et de 1648 ne la désignent ni comme chef-lieu cle cure, ni comme annexe. Ce n'était plus au moment de la Révolution qu'un lieu de dévotion et de pieux rendez-vous à certains jours de l'année, comme il s'en trouve encore dans les Pyrénées et à Baillasbats, dans la paroisse de Simorre. M. Pelauque, dernier curé de Vicnau, allait quelquefois y célébrer la messe, sans que le service divin y fût toutefois régulièrement organisé. L'oratoire de Saint-Avit, saisi lors des célébrations du culte et devenu propriété communale, est démoli depuis 1820, au dire des vieillards. Le terrain sur lequel il était bâti et celui du cimetière appartiennent en 1880 à M. le vicomte de Castillon, qui a fixé le souvenir de ces lieux consacrés en y érigeant deux croix, sur le socle desquelles on lit : Ancienne église de Saint-Avit — Ancien cimetière de Saint-Avit.

LA CHAPELLE DU CHÂTEAU DE BEAUREGARD

fut bâtie par noble Elysée du Goût, seigneur de Saint-Agnan et de Beauregard, lieutenant de la mestre de camp du régiment de cavalerie de Lavalette, pensionnaire du roi, et marié à Frise du Saget de Salles. Il était fils de Jean-Pierre du Goűt, seigneur de La Roque Saint-Agnan, et de Marguerite du Thuzo, issue elle même d'Arnaud du Thuzo, écuyer, seigneur de Beauregard, capitaine au régiment du baron d'Allemans de Boisse, et d'Olympe Imbert.
L'héritière des du Thuzo porta ainsi le domaine de Beauregard dans la famille de Saint-Agnan.
Elysée du Goût, autorisé par ordonnance du 4 juillet 1693, signée de M. de Matignon, évèque de Condom, à construire la chapelle de son château, la munit des objets et ornements nécessaires à la célébration du culte. Elle fut visitée le 8 juin 1694 par MM. Duquesne et Ducasse, vicaires généraux de M. Louis de Milon, et fut trouvée par eux « dans Testât et décence requises.» Ils commirent Bernard Carrère, curé de Vicnau, pour en faire la bénédiction, à la charge toutefois par le fondateur « d'entretenir ladite chapelle en bonne réparation et d'envoyer ses métayers et domestiques à l'église paroissiale les jours de dimanche pour y entendre la saincte messe, le prône et autres instructions nécessaires à salut, à la réserve de ceux qui seront notablement indisposés qui pourront l'entendre dans laditte chapelle; à condition aussy qu'il n'y faira célébrer aucune messe dans les jours des festes solemnelles n'y par aucun prestre passant ou inconnu sans une permission par escrit, et qu'il remettra dans quinzaine par devers le secrétaire de l'évésché une copie en bonne et deue forme de la fondation et dottation qu'il a faicte pour l'entretien de laditte chapelle, le tout sur peine d'interdiction d'icelle.
» Les obligations imposées à Elysée du Goût furent certainement remplies, puisque les offices divins furent célébrés dans la chapelle de Beauregard par les curés de Vicnau, concurremment avec les religieux des divers couvents de Condom, ainsi qu'il conste des quittances émanées des gardiens, syndics et pères spirituels des carmes, des capucins et des cordeliers.
Frize du Saget de Salles laissa par testament du 17 mai 1702 au curé de Vicnau et à ses successeurs une somme de cent livres, dont le revenu devait ętre employé à faire dire des messes pour elle dans la chapelle, où elle fut ensevelie à côté de son mari et d'Anne du Goul, sa belle-sœur. De son côté, Elysée du Goût testa le 16 janvier 1710 et donna à l'église de Vicnau trois cartelades de terre, dont les curés de celte paroisse devaient percevoir le revenu, à la charge par eux de célébrer à perpétuité sept messes de Notre-Dame dans l'oratoire seigneurial de Beauregard. Cependant, la famille du Goût de Saint-Agnan s'étant éteinte en 1733 par le décès sans postérité de Jean du Goût, dernier frère d'Elysée, Marie de Lauriac héritière du domaine de Beauregard, le porta dans la famille Bégué-Plieux. La destination de l'oratoire fut alors changée par suite de circonstances qui nous sont inconnues, et Jean Dubernet, curé de Vicnau, adressa, le 20 janvier 1744, à M. de Cossé-Brissac, alors évêque de Condom, une requête dans laquelle il sollicitait de ce prélat l'autorisation de remplir les intentions d'Elysée du Goût dans son église paroissiale. M. de Saint-Paul, vicaire-général, acquies ça à cette demande le 25 janvier de la même année, et depuis lors le culte ne fut plus célébré dans la chapelle de Beauregard, qui est aujourd'hui détruite.

 retour top