Le macro-environnement historique dans la Gascogne

Pour comprendre l'histoire d'une région, d'une ville ou d'un peuple, il faut d'abord connaître toutes les données qui ont pu influencer l'évolution.
Dans le cas de Francescas, département du Lot-et-Garonne, mais aussi situé dans la Gascogne, il faut établir les liens avec les guerres de cent ans, les guerres de la réligion, les épédemies et fléaux naturelles.
Mais surtout il faut comperndre l'influence du climat sur la population. Une civilisation ne peut être crée à condition d'un climat favorable en harmonie avec l'environnement, les plaines, collines, lacs et rivières.
Francescas était peut-être épargné par la grande histoire, mais certainement pas par dommages colatérales des guerres, les maladies, les épédemies et l'éconimie qui en découle.

la carte de la gascogne

1250-1330 : un territoire frontière morcelé, mais toujours prospère
La Gascogne, comme le reste de l’Europe, connaît entre le XIe et le XIIIe siècle une période d’expansion économique et démographique44. Cependant, au cours de la dernière phase de prospérité entre les années 1250 et 1330, la Gascogne est déjà marquée par des conflits qui constituent les prémices des crises des deux siècles suivants.

Expansion économique et démographique
Jusqu’aux années 1330 environ, la Gascogne connaît encore une période d’expansion économique et démographique qui se traduit dans le paysage par l’apparition de nouveaux centres d’habitat groupé.
À cette période, l’activité est intense dans les campagnes gersoises. La production agricole et artisanale est principalement destinée au marché local. Les échanges
commerciaux sont tout de même nombreux avec les régions alentour qui fournissent les marchandises qui ne peuvent être produites sur place comme le fer, venu des Pyrénées, ou le sel arrivant de Bayonne et Salies-de-Béarn. De nombreuses routes commerciales traversent alors la Gascogne, principalement selon un axe nord-sud, entre la Garonne et les Pyrénées.
La Gascogne est alors aussi marquée par une croissance démographique importante.
Les anciennes cités antiques, comme Eauze, connaissent pour la plupart une nouvelle phase d’expansion. De nouveaux villages continuent aussi à se former, le plus souvent auprès de châteaux, les castelnaux. Enfin, les bastides constituent le dernier type d’agglomérations fondées dans la région à partir de 1255. Celles-ci ont une vocation avant tout commerciale, mais aussi souvent politique, voire défensive, nous y reviendrons. La construction de ces nouvelles agglomérations destinées à regrouper un surplus de population a aussi très certainement des retombées importantes qui contribuent à la croissance économique du territoire.
Ce mouvement s’accompagne du développement des consulats dans la plupart des villes et des bourgs, mais aussi des villages ruraux. Les coutumes, parfois anciennes et orales, sont mises par écrit. Ces chartes codifient et garantissent les droits et les devoirs réciproques des habitants et des seigneurs.

1330-1440 : un territoire au cœur de la tourmente
À partir des années 1330, environ, la Gascogne est directement touchée par ce qu’il est courant d’appeler les « crises52 » de la fin du Moyen Âge. D’un point de vue militaire, elles se caractérisent par la guerre de Cent Ans, mais aussi par le conflit qui oppose le comte d’Armagnac au comte de Foix-Béarn. À ces affrontements s’ajoutent plusieurs épisodes de pestes et de famines qui contribuent à une baisse notable de la population et un ralentissement généralisé de l’économie.

Crises frumentaires et pestes
Au XIVe siècle, la peste fait son apparition en Gascogne et revient à intervalles plus ou moins réguliers jusqu’à la fin du Moyen Âge. Les premiers épisodes de peste ou, du moins, d’épidémies mortelles, frappent la Gascogne dès les années 1311-131262, mais c’est surtout la Grande Peste de 1348 qui fait le plus de ravages. Celle-ci intervient alors que les populations sont touchées depuis quelques années par de mauvaises récoltes ayant entrainé des famines dans de nombreux territoires méridionaux. Ces deux facteurs conjugués provoquent certainement une nette diminution de la population, bien que l’absence de sources écrites suffisamment précises ne permette pas de la quantifier en Gascogne gersoise.
Les nombreux retours de peste tout au long des XIVe et XVe siècles contribuent au ralentissement de la démographie.

1440-1500 : un territoire en mutation qui se relève rapidement La reprise économique et démographique semble débuter dès les années 1420-1430, mais c’est véritablement avec les années 1440, marquées par la fin de la guerre de Cent Ans et la chute de la maison d’Armagnac, que la Gascogne gersoise entre dans une nouvelle ère.

La reprise s’accélère surtout à partir des années 1450. Dans les campagnes, le métayage se généralise. Dans les bourgs, l’artisanat et le commerce se développent à
nouveau. Les volumes échangés augmentent et les marchandises se diversifient. Le commerce est avant tout intérieur à la Gascogne, entre les différentes zones géographiques
qui ont des productions diversifiées. Le commerce peut aussi être un peu plus lointain, avec des marchands toulousains très présents dans la partie occidentale du territoire, et des marchands bordelais dans la partie nord-ouest.
Les familles de marchands les plus importantes détiennent alors généralement le pouvoir consulaire. Ils acquièrent aussi de petites seigneuries foncières et accroissent leur
pouvoir sur les campagnes environnantes. Le cas le mieux documenté en Gascogne gersoise est certainement celui de la famille Mercier67. Jean Mercier, marchand de Montréal et plusieurs fois consul de cette bastide, devient au cours du XVe siècle seigneur de Balarin. Son fils acquière ensuite des droits seigneuriaux sur des terres des juridictions de Montréal, Fourcès et Larroque-sur-l’Osse68.

(source: Villages et bourgs de la Gascogne gersoise à la fin du Moyen âge (1250-1550) : transformations morphologiques et architecturales (Anaïs Comet)

LES CAMPAGNES QUI SE VIDENT (FIN XIX ÈME À NOS JOURS)
A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, sʼamorce un long mouvement de dépeuplement des campagnes qui résulte de la conjugaison de différents facteurs : - les progrès de lʼagriculture qui nécessite moins de «bras» pour travailler la terre, - la révolution industrielle et le développement de nouvelles activités en dehors du Département, fortes consommatrices de main dʼoeuvre, (sidérurgie, houillère...) - la chute de la natalité, les familles limitant les naissances dans lʼincertitude de pouvoir fournir du travail aux enfants. Dʼautres évènements viendront aggraver cette hémorragie : - le phylloxéra vers1880 détruira une très large partie du vignoble qui occupait une population agricole importante, - les deux guerres mondiales pour lesquelles le Gers paiera un lourd tribu. Les vagues dʼimmigration successives (italienne dans les années 20, espagnole dans les années 30 puis rapatriés dʼAlgérie dans les années 60), ne suffiront pas à enrayer ce phénomène. En 150 ans le Gers perdra près de la moitié de sa population.

Avec son sous-sol qui nʼoffre dʼautre matière première que la terre pour lʼagriculture, ses cours dʼeau nombreux mais au débit trop modeste pour être exploités, et son «enclavement» par rapport aux grands axes de communication, le Gers sera tenu à lʼécart de la révolution industrielle et verra ses campagnes se vider progressivement à partir de 1850

Nationalement, les campagnes se sont vidées au profit des villes où se concentrent les hommes et les activités. Dans le Gers cela sʼest traduit par : - le développement de la ville dʼAuch qui a vu sa population doubler au cours du XXème siècle, - la survie de quelques bourgs ruraux où se maintiennent services et commerces de première nécessité. Par ailleurs, depuis une vingtaine dʼannées, la frange Est du Gers est progressivement intégrée dans la «banlieue» toulousaine. Elle connaît un certain renouveau démographique qui se traduit par un important développement pavillonnaire. Relativement homogène pendant de nombreux siècles, la répartition des hommes et des activités est devenue inégale. Très paysanne autrefois, la population est de plus en plus «urbaine», le regain démographique que peuvent connaître certains territoires nʼayant plus rien à voir avec lʼagriculture, les nouveaux résidents étant tous des «non-agriculteurs».

LA MODERNISATION DE LʼAGRICULTURE ET LA TRANSFORMATION DES CAMPAGNES
Entamée dès la seconde moitié du XIXème siècle, la révolution agricole va véritablement changer le visage des campagnes françaises à la sortie de la seconde guerre mondiale où de gros efforts de production sont demandés aux agriculteurs pour nourrir le pays ; efforts qui pourront être réalisés grâce aux innovations techniques dans tous les domaines de production (céréaliculture, viticulture, élevage...). Parmi ceux-ci, lʼélément qui a le plus bouleversé les paysages gersois est sans nul doute la diffusion du tracteur, apparu dans les années 20, et qui remplaça totalement la traction animale dans les années 70, soulageant les hommes et les bêtes du travail de la terre. Avec lui, les parcelles sʼagrandiront. Mais, dʼautres progrès participèrent également à ces transformations. La sélection des semences et le développement des produits phyto-sanitaires qui permettent une meilleure résistance des cultures et de meilleurs rendements ; lʼirrigation et le drainage qui induiront une nouvelle gestion des ressources en eau. Alors que disparaissent progressivement bois, prairies, haies, talus, fossés, chemins, mares qui constituaient autant dʼobstacles aux tracteurs ; apparaissent de nouveaux paysages : lacs, retenues collinaires, pivots pour lʼirrigation ; silos, petits et grands, qui constituent un réseau de stockage et de distribution des nouvelles productions, et dʼautres bâtiments nouveaux aux matériaux modernes, isolés ou aux abords des fermes. Les remembrements participeront également à cette ouverture des paysages mais dans une moindre mesure. Cʼest plus la réorganisation des parcelles au sein de chaque exploitation qui a profondément modifié le paysage quʼune redistribution de terres entre agriculteurs à lʼoccasion dʼopérations foncières. Au-delà dʼun parcellaire profondément remanié, cʼest toute la campagne qui se modernise avec lʼarrivée dans les fermes, après lʼeau courante, du téléphone et de lʼélectricité, réseaux de câbles et de fils qui courent à travers les champs ou longent les routes fraichement goudronnées. Cette révolution placera le Gers, en 1986, au 7ème rang des départements pour sa production agricole alors que trente ans auparavant il pointait seulement à la 63ème place. Il deviendra également le premier département agricole de France par la SAU avec 75 % du territoire cultivé. Il est aujourdʼhui le département de Midi-Pyrénées où la SAU par exploitation est la plus importante (taille moyenne des exploitations en France en 1993 : 29 hectares, contre 39 dans le Gers). Ce mouvement dʼagrandissement des exploitations sʼest également accompagné dʼune banalisation des cultures et du développement des céréales sous lʼinfluence de la Politique Agricole Commune....