La capitale du melon ne se prend pas le chou


Les sols argilo-calcaires et le climat de la Lomagne se prêtant à la culture du cousin charentais, Lectoure est devenue en l'espace de 60 ans la capitale du melon.

Certains le soupèsent, d'autres le reniflent et quelques-uns se demandent s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle (1). Les ménages français en tout cas en consomment en moyenne 6 kilos par an. C'est le melon bien sûr ! À Lectoure et dans les environs, ils sont 180 producteurs à cultiver la cucurbitacée que les uns dégustent en entrée accompagnée de floc de Gascogne, de porto ou de jambon Serrano, tandis que les autres la réservent pour le dessert. C'est selon et ça ne se discute pas, l'essentiel étant de se régaler sans pépin…

Si vous crapahutez dans la campagne lectouroise, vous observerez sûrement les nombreux champs de melon qui occupent près de 500 hectares. La culture de ce fruit d'été se pratique essentiellement sous tunnels, et en pleine terre. Elle est donc difficilement mécanisable et requiert une main-d'œuvre attentive (il faut pas moins de 200 heures pour récolter un hectare). Le choix a donc été fait de privilégier la qualité, sous l'action de l'Association de promotion du melon de Lectoure, qui a combattu pour obtenir dans un premier temps la CCP, ou Certification de conformité produit (obtenue en 2004), puis l'IGP, Indication géographique protégée.

Lorsque les people croquent

Depuis 2008, les producteurs du melon de Lectoure se sont associés avec les producteurs de Nérac, autre pôle de production de qualité, avec la Coop de Fieux, Cadralbret (Nérac) et Pilat (Francescas), regroupés dans le Syndicat interprofessionnel du melon de Gascogne. Un rapprochement logique, mais aussi stratégique, pour mettre en commun une coopérative et les moyens de communication, sous l'appellation Melon de Lectoure-Nérac.

Et lorsque des people croquent dans le melon de Lectoure, la communication est encore plus efficace… Chaque année, le vendredi précédant le 15 août, la ville de Lectoure organise la Fête du melon, et la très sérieuse Confrérie du melon de Lectoure intronise de nombreuses personnalités, le chanteur et comédien Marc Lavoine étant le plus fameux d'entre eux. Propriétaire d'une maison de vacances dans le coin, il invite d'ailleurs régulièrement quelques amis du show-biz (Patrick Poivre-d'Arvor, Gérard Darmon ou encore Marc Esposito notamment) à venir passer quelques jours dans le Lectourois avant que la Confrérie de melon ne les honore d'un béret vert et d'un foulard orange à condition qu'ils jurent fidélité au gros fruit rond et en deviennent les chantres une fois de retour à Paris ! Chaque année, c'est lors de cette fête qu'a lieu la proclamation des résultats du concours du meilleur producteur et du meilleur dégustateur avant une grande régalade préparée par les jeunes agriculteurs du canton.

Vacanciers, pour vous réapprovisionner, n'hésitez pas à vous arrêter sur les stands qui jalonnent notamment la route nationale 21. On vous recommande la cahute qui jouxte la ferme de Saint-Éloi, à la sortie de Lectoure, en direction d'Agen et un peu avant la voie romaine. Nadine Ferronato y vend les melons de la production familiale tout l'été.

(1) Balivernes, ce fruit n'a pas de sexe, il n'existe ni mâle ni femelle. Pour bien choisir son melon, il faut sentir le melon au niveau de son pédoncule (et non de son mamelon) : l'odeur doit être agréable sans être trop forte (signe de sur-maturité).(Août2012)