Pourquoi l’électricité va être moins chère pour les communes de l’Albret
Publié le 30/10/2024
Vous trouverez difficilement dans ce pays un maire pour qui le coût de l’énergie n’est pas une préoccupation. Encore plus en zone rurale. Cette réalité, qui a contraint, dans nombre de localités, à l’extinction de l’éclairage public à certaines heures de la nuit, a compté dans la réflexion d’Alain Lorenzelli. Parmi les pistes à explorer pour soulager les finances municipales de sa communauté de communes, celle menant au support de projets photovoltaïques a vite prospéré.
Une société d’économie mixte a donc été créée autour d’Albret Communauté et d’un carré de partenaires, dont Avergies. « Dès qu’il s’agit de monter des centrales sur des bâtiments municipaux de petites tailles, les acteurs du privé n’y vont pas parce que cela ne rapporte pas assez. Le taux de retour sur investissement, souvent inférieur à 5 %, n’est pas satisfaisant pour eux. Dans ces circonstances, mettre en œuvre par nous-mêmes les conditions de réalisation de ces projets visant à l’autonomie et à la réduction de la facture énergétique pour nos communes, était une évidence. »
Albret Communauté a créé une société pour développer les centrales photovoltaïques sur les bâtiments communaux de ses membres. L’énergie produite servira à l’autoconsommation
Vous trouverez difficilement dans ce pays un maire pour qui le coût de l’énergie n’est pas une préoccupation. Encore plus en zone rurale. Cette réalité, qui a contraint, dans nombre de localités, à l’extinction de l’éclairage public à certaines heures de la nuit, a compté dans la réflexion d’Alain Lorenzelli. Parmi les pistes à explorer pour soulager les finances municipales de sa communauté de communes, celle menant au support de projets photovoltaïques a vite prospéré.
Une société d’économie mixte a donc été créée autour d’Albret Communauté et d’un carré de partenaires, dont Avergies. « Dès qu’il s’agit de monter des centrales sur des bâtiments municipaux de petites tailles, les acteurs du privé n’y vont pas parce que cela ne rapporte pas assez. Le taux de retour sur investissement, souvent inférieur à 5 %, n’est pas satisfaisant pour eux. Dans ces circonstances, mettre en œuvre par nous-mêmes les conditions de réalisation de ces projets visant à l’autonomie et à la réduction de la facture énergétique pour nos communes, était une évidence. »
La centrale de Bruch, posée sur la salle de sports.
La centrale de Bruch, posée sur la salle de sports.
Sem Albret
8 centimes gagnés
Des unités ont été inaugurées en ce mois d’octobre, sur les toits de la mairie et de la salle des fêtes de Moncaut, ainsi que sur celui de la salle des sports de Bruch. Ces communes entrent dans la première grappe constituée. « On groupe les commandes de matériel, on mutualise les travaux. L’idée, au bout du compte, est d’organiser un réseau d’autoconsommation collective. L’électricité produite est revendue à EDF à douze centimes du kilowatt », rapporte l’élu, par ailleurs maire de Bruch. Sur sa commune, une partie de l’énergie alimentera les bureaux de la mairie. « Aujourd’hui, Bruch paie 23 centimes du kW. La SEM Albret va aussi vendre de l’électricité aux communes. On sera autour de 15 centimes du kW. Une vraie économie », plaide Alain Lorenzelli, PDG (« bénévole ») de la société.
Après ces premières mises en service, d’autres sont attendues d’ici à la fin de l’année à Buzet, Vianne, Lavardac et Francescas, où des ombrières ont été installées en complément de la couverture. Avec l’ensemble de ces projets, la SEM Albret aura mis en marche la plus grosse opération d’autoconsommation collective du département, sur un territoire qui s’est fixé le cap de l’autonomie en 2050.
Impôts et dividendes
« L’idée est de s’implanter autant que possible sur nos 33 communes. Quand ce n’est pas réalisable, la loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables, nous permet désormais, en partenariat avec le gestionnaire de réseau Enedis, d’alimenter dans un rayon de 20 km autour de la centrale. »
Vertueuse pour ses membres, la démarche l’est aussi pour l’intercommunalité. « La SEM verse des impôts à Albret Communauté et quand il y aura des bénéfices, notre collectivité qui en est l’actionnaire majoritaire à près de 60 %, touchera des dividendes », anticipe Alain Lorenzelli, avant de livrer une esquisse de projet. Celui d’un réseau de chaleur en géothermie sur le Mézinais à partir d’un puits de 400 m creusé au siècle dernier, dans l’espoir de trouver du pétrole.