L'histoire de la commune Lasserre et des habitants du château ( la ferme-manoir)

époque des constructions : 16e siècle ; 17e siècle ; 18e siècle ; 19e siècle
historique : Maisons et fermes des 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle et 19e siècle. Date portée : 1765
.

Les seigneurs de la châtellenie offrirent leur domaine à Alphonse de Poitiers en 1259, à part de fait incontournable, peu d'éléments subsistent dans les chroniques pour en développer l'histoire médiévale. On sait que sur l'actuel château du XVIIe siècle, se trouvait une ancienne forteresse dominant la Baïse et appartenant à la modeste baronnie, elle-même sur les vestiges d'un oppidum et de villas romaines. On retrouve dans les textes la mention du castrum à la fin du XIe siècle soumis à la vicomté de Benauges, réédifié deux cents ans plus tard, peut-être à l'occasion de paréage évoqué ?
De nombreux historiens doutent de la réalité d'une bastide en un tel lieu, aujourd'hui délaissé, car même s'il eut tentative de fonder une ville neuve à l'emplacement d'un bourg castral, la localité n'eut pas l'heur de plaire et périclita à peine ébauchée.
Comme nous l'avons indiqué, aucun élément ne vient confirmer ou infirmer telle ou telle thèse, suite des mentions éparses.
A la fin du XIIIe siècle, hommage était effectué au sire d'Albret par Arnaud de Lasserre.

Messire Arnaud Loup de La Serre, chevalier , et Géraud de La Serre, son frère, abandonnent au seigneur évêque d'Agen, le quart de la dîme de La Serre près de Moncrabeau (Item plus continetur qualiter dominus Arnaldus lupi de La Serra, miles, et Geraldus de La Serra, frater ejus, resignaverunt domino nostro Agennensi espiscopo, totam quartam pertem qum habebant in decima de la Serra propre Montem Caprelli) (Cartulaire d'Agen, Bulle cotée par lettre D.V.)
Toutes les donnantions faites au XIIe et XIIIe siècles, en faveur de l'Evêque d'Agen, représentant le clergé du diocèse, ont été autorisées par la bulle données l'an 1309, dans la ville d'Avignon par le pape Clément V, et cotées par les lettres A,B,C, etc. Le Cartulaire d'Agen contient l'analyse officielle de ces bulle et par conséquent de ces donations. Cette analyse a été faite l'an 1520 par Jean de Vallier, vicaire général du diocèse d'Agen, et remplissant les fonctions épiscopales sous divers rapport, en l'absence de Marc-Antoine de La Rovère, évêque d'Agen.
Gauillaume-Arnaud (le nom patronymique a été omis), domme à l'évêque toute sa part de dîme de Saint-Laurent de La Serre près Moncrabeau.(Idem, lettre A.H.)

1er octobre 1390, ratification de la vente et de la donation effectuées en faveur du sire Albret par Bérard de Lasserre

A l'entrée du XVe siècle, le château de La Serre fut donné par le connétable d'Albret à Montaigu, un de ses gendres. Celui-ci était fils du conseiller de la reine Isabeau et du duc d'Orléans, du négociateur du traité de paix avec le duc de Bourgogne. Ce pacte qui mariait les enfants des victimes et des meurtriers fut impraticable. Les ennemis gardèrent leur haine, mais ils tombèrent d'accord pour immoler le médiateur. Montaigu avait d'ailleurs commis un crime irrémissible. Fils d'un notaire de Paris, déshérité physiquement, il était, par son habileté, devenu l'oracle de la couronne et des princes. Les ducs d'Orléans et de Berry l'avaient admis dans leur intimité et lui avaient confié les rênes de l'Etat. Il avait fait construire un palais somptueux qui éclipsait les résidences des grands seigneurs. Un de ses fils, avait épousé une fille du connétable d'Albret. On murmurait de voir le ministre servi sur de la vaisselle d'or pendant que celle du roi était en gage. Sa perte fut résolue. Après avoir subi la peine de la torture, il fut conduit aux halles les membres broyés. Il expira les entrailles pendantes.Le lendemain de cette catastrophe, Montaigu son ainé quitta Paris, et se retira au fond de la Gascogne au château de La Serre qui lui avait été apporté en dot par sa femme. De cette manière il vécut ignoré et éloigné des bourreaux de son père qui auraient pu devenir les siens.

18 février 1487, acte juridique de la donation faite par sire d'Albret à Louys de Montaigu, seigneur de Lasserre, de la fonctionnalité de justice.

Son fondateur, inconnu, eut sans doute peu de souci de la beauté du paysage. L'assiette était assez bien choisie pour un fort, avantage appréciable dans un temps où chacun cherchait avant tout la sécurité.
On ne sait rien ni de l'importance, ni de l'histoire du château primitif totalement disparu. Des moëllons de moyen appareil, utilisés notamment dans la construction de la chapelle du château actuel, paraissent provenir de ses ruines.
Tel que nous le voyons de nos jours, le château de Lasserre a été construit d'un seul jet sous le règne de Henri IV. Les monuments, de cette époque, dont le style est fort caractérisé, sont assez rares en France.

1487: Lasserre appartient à Louis de Montagut. Catherine-Bernarde de Montagut, dame de La Serre, a épousé le 16 avril 1570 Jean-Paul d'Esparbès de Lussan et lui apporte Lasserre. Lasserre est resté dans la famille d'Esparbès de Lussan jusqu'au XVIIIe siècle.

1498. Louis de Montaigu rend hommage au duc d'Albret pour la seigneurie de Lasserre.

1518:Les d'Esparbez, comtes de Lasserre et marquis d'Aubeterre, eurent de grands démêlés avec les habitants de Francoscas, qui leur reprochaient de nombreuses vexations, notamment de s'arroger le droit de leur imposer des consuls à leur guise et de les obliger à faire garde bourgeoise devant la maison de leur Seigneur. De l'oppression des uns, comme de la résistance des autres, provint presque une guerre au petit pied au sujet de laquelle nous trouvons utile de produire le document suivant:
"Attestation sur l'escalade de la ville de Francescas, 24 mai 1634. Composée de cinquante hommes.
L'an 1634 et le 21e jour du mois de mai, avant midy, pardevant nous Jeoan Bigos, Laroque, Isaac Guilhauma et Jean Pierre Labadie, consuls, juges criminels et de la police de la ville de Francoscas, estant dans la maison commune d'icelle, escrivant soubs nous Jean Bigos, Laroque, notaire royal, prins pour comis et greffier s'est comparu et présenté M Daniel Bigos, avocat en parlement agissant pour le procureur du Roi et syndic de la ville, qui nous a dit et remonstrê que jacoit par la grace de Dieu le Roi nous aye donné la paix, au préjudice de laquelle et de la sauvegarde qu il a pleu à la Cour et à monseigneur le duc d'Espernon, gouverneur pour Sa Magesté, nous donner, ayant prins tous les habitants de cette ville et jurats sous la protection de Sa Majesté et la sienne et de faire garde pour garantir tous les habitants des oppressions et violonces du sieur marquis d'Aubeterre qui s efforce d'ordinaire de tuer et oppresser lesdits habitants et de mettre la présente ville à feu et au pillage, et ù cet effect estant permis aux d'habitants porter armes à feu; ce néanmoins, cette nuit dernière, après minuit, ledit sieur marquis avec un bon nombre de gens de guerre bien armés de mosquots, arquebuses, fusils et autres armes offensives, seroient venus après minuit, une heure estant frappée aveq deux eschelles, pour entrer dans la présente ville, lesquelles ils auraient mis et posé l'une à l'endroit des fenestres de la maison dud. sieur marquis sortant sur le fossé et muraille de la présente ville,proche de la tour de la porte de lad. ville appelée de Larque, et l'autre dessoubs les fenêtres de la maison et domicile de damoiselle Marie de Péricot, veusve à feu M Pierre Doail, juge, auxquelles eschelles et au bout tirant on haut y a une corde double attachée par certains nœuds distants l'un de l'autre environ deux pans et demy, outre un nœud courant au bout de la corde, pour attacher aux croisées desdites fenestres, lesquelles ceux de dedans la ville, leur auroient fait quitter par force......
(Suivent les dépositions des témoins, constatant que les sentinelles ayant donné l'alarme, les habitants accourûrent; que quelques coups de feu fûrent échangés et que les assaillants furent repoussés)
Le duc d'Epernon réussit non sans peine à réprimer ces désordres. (Dictionnaire Géographique, historique et archéologique de l'arrondissement de Nérac par M. J.-F. Samazeulh 1881)

1538. Jean de Montaigu rend hommage pour la seigneurie de Lasserre. It épousa Jeanne de Goyrans

La part de l'évêque de Condom est vendue aux enchères en 1576, et rachetée en 1582 par le Seigneur de Lasserre, Jean Paul d'Esparbes de Lussan ; la demeure de ce dernier se trouvait près de la porte de Larqué au sud, succédant vraisemblablement à l'ancienne maison épiscopale. L'agglomération était enfermée dans des fortifications, cernées de douves, et ouvrait par 4 portes (de Bordeaux, du Puits, de L'Arc, Neuve ou de Ligardes) ; une citadelle est mentionnée dans la ville à la fin du XVIe siècle.

1570: Catherine Bernarde de Montaigu, épousa, le 16 avril,Jean-Paul d'Esparbès, seigneur de Lussan, auquel elle apporta la seigneurie de Lasserre.

La descendance des Monlaigu, seigneurs de La Serre, était tombée en quenouille : leur fille unique, Catherine Bernarde, fit passer ce fief dans la maison d'Esparbez de Lussan; elle épousa canoniquement, le 16 avril 1570, Jea -Paul, septième fils de Bertrand d'Esparbez de Lussan et de dame Louise de Saint-Félix. Il est le fondateur de la branche de la famille dont les membres sont signalés comme seigneurs du château qui Lasserre. Jean Paul d'Esparbez fut un grand et terrible capitaine, dévoué longtemps à la ligue. Il suivit, en qualité de lieutenant, Montluc dans les combats et les assauts livrés aux religionnaires-, aussi les faveurs royales, les distinctions militaires, tombèrent-elles en pluie sur ce vaillant guerrier qui devint maréchal de camp des armées de Sa Majesté. Il fut promu à la dignité de sénéchal de l'Agenais et du Condomois, ainsi qu'à celle de gouverneur de la ville et citadelle de Blaye. Henri IV, dès son avènement au trône, rallia un grand nombre de ses adversaires. En 1595, le sire de La Serre se soumit au panache blanc; durant son commandement à Blaye, il y fonda un couvent dans les caveaux duquel il fut inhumé à sa mort advenue en 1616.
Il transmit, de son vivant, ses titres et sa succession à son fils François, vicomte d'Aubeterre, qui s'était allié à Hippolyte Bouchard, héritière de David, gouverneur de Périgord. François était seigneur de Lussan, baron de La Serre et de Cadenac et en même temps capitaine de 50 hommes d'armes, maréchal de France, sénéchal d'Agenais et de Condomois, etc. Il fut élevé au poste de conseiller d'Etat. Dans les luttes religieuses, Henri IV l'avait eu pour compagnon d'armes. C'est pour le compte du Béarnais qu'il avait occupé Montcrabeau, forteresse alors importante, et qu'il avait, de concert avec Roquelaure, dirigé le siège de Nérac.
Le vicomte d'Aubeterre mourut en 1628. Sa sœur favorisa de sa main l'héroïque Johan de Bezolles, seigneur de la Brosse et de La Graulas.

Le manoir de La Serre, qui appartient au style architectural de la Renaissance, et qui offre une certaine parenté monumentale avec le Palais du Luxembourg, fut construit en 1592 par ordre du maréchal d'Aubeterre.

Le château La Serre Lasserre Le château Lasserre sur la vallée de la Baïse

Le 28 Octobre 1576, les consuls convoquèrent les jurats et dans l'impuissance de soutenir un procès contre Lasserre, ils cédèrent tous leurs droits au Roi de Navarre, qui les accepta. Plus tard on négociera ave le Roi de Navarre un arrangement au sujet des droits de justice en réparation des compagnies, qui ont séjourné à Francescas.

Le 28 Octobre 1576, les consuls convoquèrent les jurats et dans l'impuissance de soutenir un procès contre Lasserre, ils cédèrent tous leurs droits au Roi de Navarre, qui les accepta. Plus tard on négociera ave le Roi de Navarre un arrangement au sujet des droits de justice en réparation des compagnies, qui ont séjourné à Francescas.

Voici le récit en détail:

On sait que le Pape avait accordé au roi de France une somme assez considérable sur les bénéfices du clergé, pour subvenir à la conservation de ce royaume ébranlé par l'hérésie de Calvin. L'évêque de Condom qui siégeait alors fut contraint, pour fournir sa cotisation, d'aliéner entre autres la seigneurie de Francescas. Procédant aux criées, les consuls, qui voulaient s'affranchir, poussèrent l'enchère jusqu'à la somme de 3,325 livres, qu'ils déposèrent entre les mains du sieur de Melet, chargé de la liquidation.
Survint noble Jean Paul d'Esparbès de Lussan, seigneur de Lasserre, dans le voisinage, lequel, après divers actes sur ce intervenus, enchérit encore de 1,000 livres. Les habitants de Francescas, déjà ruinés par les récentes guerres, virent avec douleur leurs espérances s'évanouir. Ils intentèrent près le conseil privé du roi un procès au seigneur de Lasserre, qui n'était pas d'humeur à céder de ses prétentions. C'était un chef «catholique redouté dans la contrée, et la ville de Francescas s'inclinait beaucoup vers la prétendue Réforme. Le prédicat Mermet s'y employait de son mieux.

Dès le mois de septembre 1576, on avait envoyé à Paris pour soutenir ce procès, et le 26 du même mois, le roi de Navarre dînait à Francescas, et y laissait une garnison pour la défense de la ville.
Le 28 octobre suivant, les consuls convoquent une jurade générale, et dans l'impuissance où ils sont de soutenir le procès contre le seigneur de Lasserre, ils prennent la résolution de céder leurs droits au roi de Navarre, qui les accepte avec la condition de maintenir les habitants dans les franchises et privilèges que leur accordaient les évêques de Condom.

Le 6 janvier de l'année suivante (1577), on va trouver le roi de Navarre pour savoir de lui comment il faut se gouverner. Le prince répond qu'ils doivent continuer de garder la ville sous son obéissance.
Cependant le seigneur de Lasserre s'apprêtait moins à soutenir son procès qu'à reconquérir la ville pour le monarque français. Le consul Bigos en porta la nouvelle à l'assemblée du 19 mars, encore toute émue des événements de la veille.
Jean-Paul d'Esparbès de Lussan s'était présenté sous les murailles de la ville, la faisant sommer par un trompette d'avoir à déclarer à quelle autorité elle obéissait. Sur la réponse que les habitants tenaient la ville sous l'autorité du roi de Navarre, le trompette déclara avoir charge du seigneur de Lasserre de leur dénoncer la guerre, et que désormais il serait leur ennemi mortel.
Immédiatement, on écrivit au roi de Navarre pour le supplier de pourvoir à la défense de la ville. Déjà, dans la prévision des événements, Henri leur avait envoyé pour gouverneur le capitaine Miquelon avec le capitaine Chevery.
Les hostilités étaient ouvertes; les alarmes continuent.
Avec Lasserre combattaient les capitaines Campagno, du Bouzet de Roquepine, seigneur de Poudenas, et plusieurs autres gentils hommes. Les escarmouches, les petits combats étaient incessants. Il y eut plusieurs morts; les consuls Bacqua et Bigos furent faits prisonniers et n'obtinrent leur délivrance qu'au prix d'une forte rançon. Cependant, le procès se poursuivait au privé conseil du roi et en la cour du Parlement de Bordeaux. Le seigneur de Lasserre triompha dans sa cause; le roi de Navarre fut débouté de son opposition et les consuls condamnés en plusieurs dépens.
Ces derniers finirent par un accord avec leur nouveau seigneur, qui leur fut plus d'une fois d'un bien grand secours. C'est ce même Jean-Paul d'Esparbès de Lussan qui fut gouverneur de Blaye pour le parti de la Ligue.
Le seigneur de Campagno et de Ligardes, l'un des plus grands tenanciers de la juridiction de Francescas, appartenait à la maison de Patras.
Dans cet accord, on voit intervenir M. de Lussan, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, commandeur de Malte, seigneur de Gimbrède et autres lieux et places, frère du seigneur de Lasserre, désormais co-seigneur avec le roi de la ville et juridiction de Francescas.L'abbé BARRÈRE.

1580: Il faut citer lors de cette même année l'acquisition par Jean Paul Esparbes de Lussan de la Seigneurie de Francescas, que lui céda l'évêque de Condom. Les Désparbes, Comte de Lasserre, Marquis d'Aubeterre eurent de grandes démêlées avec les habitants de Francescas, qui leurs reprochaient de nombreuses vexations.

1616: Le fils de Jean-Paul d'Esparbès, François, hérita la seigneurie

1628: François d'Esparbès de Lussan, marquis d'Aubeterre, Maréchal de France, né à Lasserre, près de Francescas, mort en janvier 1628. François laissa plusieurs fils, parmi,lesquels Pierre, l'aîné., marquis d'Aubeterre, qui est qualifié par le P. Anselme de seigneur de Lasserre, et Louis, qui est qualifié par le même auteur de comte de Lasserre. Pierre et Louis n'ont pas possédé en même temps la même seigneurie.

1628-1648: Pierre Bouchard d'Esparbès de Lussan, marquis d'Aubeterre, seigneur de Lasserre, de Ligàrdes et de Cadenac, sénéchal et gouverneur d'Agenais et de Condomois, épousa, le 26 septembre l646, Marie-Claire de Pardaillan, fille d'Antoine-Armand, seigneur de Gondrin, marquis d'Antin et de Montespan, et de Paule de Saint Lary de Bellegarde. D'après les archives de Francescas, ce Pierre parait avoir usurpé la seigneurie de Lasserre

1693-1717: Marie-Angélique de Cosnac, fille de François de Cosnac et de Louise d'Esparbès de Lussan, épousa, le 21 mars 1697, François Procope, duc de Gueldres, comte d'Egmont, qui mourut le 15 septembre 1707. Marie Angélique lui survécut dix ans. A sa mort, le château de Lasserre fit retour aux marquis d'Aubeterre.

1717-1752: Il demeura inhabité et, en 1748, messire Louis Pierre-Joseph Bouchard d'Esparbès de Lussan, étant ruiné, mit en vente la seigneurie de Lasserre qui fut adjugée, en 1752, à Jeanne de Nayrac, marquise de Pouy, épouse de messire Pierre de Narbonne Pelet.

Jeanne Nairac avait un fils, Etienne-Philippe, baptisé à Saint-André de Bordeaux le 1" mars 1730. Elle rêvait probablement de l'établir fastueusement car pour lui elle achète la même année deux fort belles terres de Gascogne, le marquisat de Pouy-Roquelaure et le château de Lasserre avec la terre de Francescas, pour respectivement 220 000 et 198 000 livres.
Elle se fait appeler marquise en attendant que son fils épouse M11* de Montolieu, de Nîmes, avec laquelle il passa contrat de mariage. Il aura Pouy-Roquelaure, Lasserre et quelques autres biens, 612 000 livres au total. Sa correspondance avec son ami Soullier nous le montre en « philisophe », grand amateur de livres et d'étude. Hélas, il mourait à Lasserre le 6 octobre 1759
(Une famille protestante de l'Agenais et ses cousins allemands : les Digeon de Monteton - Lucile Bourrachot)

17o2-1762: A la mort de cette dernière (1762), la seigneurie de Lasserre passa à son petit-fils le comte de Digeon.

1759: Etienne-Philippe Pellet mourut à Lasserre, il fut enterré dans le château, la sépulture ecclésiastique luiayant réfusée, selon la formule

1758-1759: Famille LASCOMBES à Braudail, paroisse de St-Aubin, canton de Monsegur, district de Monflanquin : partage successoral (1792). 3 pièces. Assignation à comparaître devant le juge royal de Penne, délivrée à Jean LASCOMBES, laboureur, de Montmarès, juridiction de Penne, à la requête de Jean Sauvan, meunier au moulin d'Escoute (1789). "Contôle des garçons qui ont tiré au sort pour le service militaire pour l'année 1705" à LASERRE, juridiction de Moncrabeau. Deux lettres adressées à Mme de Pellet, comtesse de Lasserre, par Capuran, curé du lieu, et Bissières, régisseur du domaine

Mémoire juridique et lettres concernant la seigneurie de Lasserre, le château de Saint-Barthélémy et la seigneurie de Francescas, vendus par le baron de Baulens partie à MM. Ducos, frères, partie à la marquise de Cosnac, comtesse de Lasserre.
Brouillons de lettres adressées au duc d'Aiguillon , Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis, par la dame de Francescas pour la détermination de leurs droits respectifs dans la seigneurie, l'auteur de ces lettres est Mme de Monteton, fille et héritière de Mme de Pellet (1758-1768). 7 pièces.

1772: Terrier du Domaine.Requêtes et pièces relatives aux hommages et dénombrement dus par les religieuses de Sainte-Marie-Madeleine de Bordeaux, et, en leur nom, soeur Marguerite de la Passion, prieure, « pour raison d'une maison noble englobée dans ledit monastère, scituée rue de Lalande » (1729) ; - Susanne de Narbonne-Pelet, marquise de Poudenas, comtesse de Lasserre, pour la justice de Francescas, qu'elle tient en paréage avec le Roi .

1789: 352 habitants (Dictionnaire général de France)

1792: "Contôle des garçons qui ont tiré au sort pour le service militaire pour l'année 1705" à LASERRE, juridiction de Moncrabeau. Deux lettres adressées à Mme de Pellet, comtesse de Lasserre, par Capuran, curé du lieu, et Bissières, régisseur du domaine (1758-1759). 1758-1792.

1809: Il y avait 3 moulins à eau à Lasserre (Lieu dit Quissac et la Baïse) 1. Moulin de Vialère
(Energie et subsistances: enquêtes sur les moulins à blé : an II-1809 : inventaire des articles F20290 à 296, F10226 et 310)

1830: Ordonnance du Roi qui autorise l'acceptation du Legs de 2000 Francs faite aux pauvres d'Agen par la dame Lasserre

1835: Les Digeon de Monteton ont conservé le château jusqu'à l'extinction de cette famille en 1835 avec la mort de Philippe Digeon de Monteton. Le château passe par héritage à Léopold de Gervain qui a fait restaurer le château où il a résidée.

Le comte Philippe Dijon se retira sur ses terres à Lasserre. Il dotait les filles pauvres, créait dans son moulin de Vialère une filature pour donner du travail aux ouvriers agricoles à la morte saison. Protestant, il faisait restaurer les presbytères des alentours aussi bien qu'il créait des écoles primaires autour de Lasserre. Mais il vécut surtout dans sa terre de Poudenas que sa mère avait achetée en 1769 pour 400 000 livres. C'est là qu'il dessinaitla statue de Henri IV, telle celle qu'il fit ériger en 1829 à ses frais à Nérac. Le comte est décédé après une chute sur la glace de l'étang de Poudenas le 23 décembre 1835.
Il avait pour héritières sa sur Elisabeth, épouse de François-Henri de Virieu, sa nièce Jeanne-Rose-Sophie Destutt de Solminiac, fille de Marie de Digeon et épouse de Henri-Louis de Gervain; sa petite-nièce,
Rose de Rossannes, petite-fille de Marie de Digeon et épouse Lemercier de Maisoncelle Vertille de Richemont. Il n'avait pas d'héritier du côté de Rose de Digeon, épouse d'Asnières, sa sur aînée, probablement
morte sans enfants. Du vaste héritage terrien du comte, Poudenas alla aux Virieu; Lasserre appartient à une descendante des Gervain.
(Une famille protestante de l'Agenais et ses cousins allemands : les Digeon de Monteton - Lucile Bourrachot)

La valeur de terres de Lasserre en 1836: 501 hectares - 547 779 fr
(Une famille protestante de l'Agenais et ses cousins allemands : les Digeon de Monteton - Lucile Bourrachot)

1841: 363 habitants

1854
Petit manuel de l'instruction primaire
Secours aux communes pour maisons d'école
Lasserre (acquisition)1000 fr
M. le ministre de l'instruction publique vient d'adresser la circulaire suivante à MM. les préfets : cc Paris, le 15 septembre 1854. « Monsieur le préfet, la crise que la santé publique vient de traverser, et qui touche heureusement à sa fin, a été l'occasiond'actes de dévouementet d'abnégationdont la connaissancecomplèteimporte au gouvernement. « Déjà il m'est parvenu de quelques départements des rapports sur le courage qu'ont déployé, dans les plus mauvaisjours, la plupart des instituteurs primaires publics. Rivalisantd'ardeuret de charité avec le digne curé de leur commune, aidant et au besoin remplaçant les médecins et les sœurs de charité, ils ont couru partout où leur présence pouvait encourager les timides, partout où leurs soins pouvaientsoulager les malades. Indifférents à leur propre danger, quelques-uns ont malheureusement succombé"aux excès de leur zèle plutôt qu'aux atteintesdu fléau. Aussitôt que j'ai pu en être informé,je me suis empressé d'envoyer de premiers secoursaux veuves de ces honorables fonctionnaires; mais je puis ignorer encore beaucoupde douleurs de ce genre et les actes courageuxqui les ont provoquées. « Je vous prie, monsieur le préfet, de m'adresser un rapport spécialsur les instituteursqui, dans votre département, se sont plus particulièrement signalés par leurzèle, et dont la conduitehabituelle ne donne lieu, d'ailleurs,à aucune critique. Je désire que ceux qui ont montré un dévouementsi louable et les familles de ceux qui ont succombé en portant secours aux malades, reçoivent des mains du gouvernement un témoignagede la gratitude publique.Le pays sera heureux d'apprendre que, dans ces tristes jours, les premiers maitres de la jeunesse ont su conquérir des titres nouveaux à l'estime dontil est nécessairequ'ils soienttoujours environnés. « Recevez, monsieurle préfet, l'assurance de ma considération très-distinguée. a Le ministre de l'instruction publique et des cultes, « H. FORTOUI.»

5Petit manuel de l'instruction primaire)

1866:Les chemins de grande communication sont terminés, ainsi que le chemin d'intérêt commun de Nérac à Lavardac. Mais il reste à faire le chemin d'intérêt commun, n° 32, de Nérac à Francescas. Ce chemin est, sans contredit, l'un des plus importants de là commune, il est en même temps nécessaire aux communes de Francescas, de Fieux, de Lasserre. En même temps, et sans augmentation sensible de dépense, il serait possible d'utiliser ce chemin comme rectification du chemin do grande communication, n° 31, de Nérac à Astaffort.

1867: Léopold de Gervain, baron de Gervain, né 27 mai 1824 à Bordeaux, Gironde, (33), baptized 19 June 1824 (Saturday) - église réformée de Bordeaux, Gironde, (33), décédé le 3 Mai 1888 au château de Lasserre, Nérac, Lot et Garonne, avocat; marié en 1867, château de Lasserre, Francescas, Lot et Garonne, (47), à Jeanne Laure de Portal, née en 1844, décédée en 1929 à l'âge de 85 ans

1872-1881
Emprunte de 950 fr pour la réparation de l'église (Assemblée Nationale)

1889-1898
Emprunte de ? fr pour travaux communaux (déficit du budget) (Assemblée Nationale)

1890: Jeanne-Paule-Lucie de Gervain 1868-1945 mariée le 19 Avril 189, Lasserre, Lot-et-Garonne, 47, à André Marie Joseph François Ducos de Saint-Barthélemy de Gélas, vicomte de Gélas 1866-1944 (Le Figaro)

1896: 203 habitants

1836-1900. la nièce du comte de Digeon, Jeanne-Rose-Aglaé d'Estut de Solminiac, épouse de Henry, baron de Gervain, hérita du château de Lasserre, dont elle fit donation à son fils Léopold, baron de Gervain, douze ou treize ans plus tard.
M. le baron Léopold de Gervain restaura avec une grande intelligence le château de Lasserre, actuellement habité par Mme la baronne de Gervain et par M. le baron de Gervain, son fils (en 1880-1900)

19.11.1900
Mr. Pierre Caron de Gervain, propriétaire à Lasserre (Lot et Garonne) épouse Mlle Sophie Cruse

(Journal Le Gaulois)

1901
Gervain (de) Mme Léopold de, née de Portal à Lasserre
Gascogne: d'azur, au cheeron d'or, accompagné de trois roses de même, posées 2 en chef et 1 en pointe

Annuaire héraldique 1901

29.08.1903
On annonce les fiancailles de Mlle de Védrine, de Lasserre, avec M. Mechinet de Richemond, de La Rochelle

1917: Apparition d'épidémies - Une épidémie de rougeole ayant fait son apparition dans les communes de Francescas, Lasserre, Moncrabeau (Lot-et-Garonne), ces localités seront, jusqu'à nouvel ordre, interdites aux permissionnaires.

06.04.1929
Dans l'église deLasserre(Lot-et-Garonne),hier matin, ont été célébrées les obsèques de la baronne Léopold de Gervain, née Portal. Le deuil était représenté parle comte et la comtesse de Gélas, baronne de Gervain, M. et Mme Jameson,vicomtesse d'Adhémar, capitaine

1931
BALDASSO (Jean), cultivateur, né le 14 mal 1907 à Giavera-del-Montello (Italie), ayant cinq enfants mineurs: 1° Jacques-Gilbert, né le 2 octobre 1931 à Lasserre (Lot-et-Garonne) ; 2° Fernand, né le 22 mars 1933 à Lasserro (Lot-et-Garonne); 30 Félicie-Marie, née le 9 septembre 1934 à Lasserre (Lot-et-Garonne); 40 Robert, né le 17 juillet 1936 à Lasserre (Lotet-Garonne) ; 50 Guy, né ie 8 septembre 1937 à Lasserre (Lot-et-Garonne), et ABCA (MariaAmable), sa femme, née le 12 novembre 1905 à Giavera-del-Montello (Italie), deemeurant & Lasserre (Lot-et-Garonne).
(Journal officiel de la République française)

1932: Louis de POURTALÈS 1905-1944 marié en 1932, Château de Lasserre - Nérac, 47600, Lot-et-Garonne, Aquitaine, FRANCE, à Gabrielle de GERVAIN 04. 11. 1904 -13.11.1983 (Le Figaro)

15.Octobre 1938 (Le Figaro)
Le comte et la comtesse Louis de Pourtalès viennent de donner, dans leur très beau château de Lasserre (Lot-et-Garonne), nouvellement restauré, une fête des plus réussies terminée par un souper de trois cents convives.
Reconnu Baronne de Gervain, M. et Mme Harlé M. et Mme Cruse, Mme et Mlle Jean de Witt, duchesse de Lévls-Mlrepoix, M> Marcel Prévost, de l'Académie française, et Mme Marcel Prévost M. et Mme L. de Védrines, M. et Mme Dupré de Pomarède,comte de La MyreMory, député; M. et Mme de Luze, Mme Lawton, Mme Dolfus, Mme de Lapeyrière, baron, baronne et Mlle R. de Langsdorff, comte et comtesse C. d'ArmaneoUrt, Mme KtechHn, colonel et Mme de Montai, Mme Vallée, baron et baronne de Sigalas, Mme et Mlle Mauroux, M. et Mme Héry, M. et Mme J. Aucoln, Mme de La Bernardie, M. et Mme Bolsvert, M. et Mme E. Guilhot et Mlle de Castelbajac, Mme de Javel baronne d'Auberjeon, M. C. Nismés et Mlle Bermond, Mme Dan-Bocqulen, Mme 1. Mouillac, baronne de BtttzTrenquelléon, M. et Mme M.Dupré, Mme Lefèvrc-Vocqucrlc, M. et Mme (1. Nègre et Mlle Taidlcu, M. et Mme d'Aiodes, M. et Mme U. Gayrul, M. et Mlle Amblard, M. et Mme Lugan, M., Mme et Mlles de Lotaulade, M. et Mme Lautenheimmer, Mme P.Labory, MM. de Pommyers, Hébert, Garrie de Davin, Schlessing, de Redon, Dircks-Dilly, Cayol, du Vignaud etc.

1939 -1945: Louis de Pourtalèes est mort pour la France pendant la deuxième guerre mondiale

1944 - 05.11.1967: Hubert de POURTALÈS, Comte Maire de Lasserre

A partir de 1851, il est restauré par Jules-François Lafargue, architecte à Bordeaux, et Lucien Dubary de Lassale pour Léopold de Gervain , le domaine est passé aux Pourtalès (actuellement Mme de Pourtalès la comtesse de Pouralèes, née de Gervain) qui le possède toujours.


Le château de Lasserre vue du ciel

 

 

Quelques restes des livres des jurades:

1705-1740. — Paroisses de Lahitte et de Lasserre. — Baptêmes, mariages et sépultures. Familles Poteau, Cabadé, Lagutèrc, Blanchard, Dutillo, Justian,
Lesparre, Capuron, Daguille, Dauba, Mathisson. Capgran, Barbé. Escoubet. Lahat, Saint-(ienès,Bénautrcs.

1741-I769. — Lahitte et Lasserre. — Baptêmes, mariages et sépultures. Familles Andrieu, Laverny, Pourqué, Dagin, d'Amblart de Saint-Genès, d'Espase, Barroque, Betous. Brach, Caillau, Bichet, Barte, Lauga, Menauge, Dufour, liousquet, Sempé, Dupin, Pugens. Lussaignet. Dupré de Poumarède.

1770-1792. — Lahitte et Lasserre. — Baptêmes, mariages et sépultures. Familles Sahuc, Boisson, Lisle, Clauset, Lauga, Launet, Mouran, Dauba, Séailles, Coulom, Mondin, Lamoré, Lhérisson, Sivrac, Aureillan, Sérés, Marrasse, Dulaurens, Bachère, Dulom. Gourut.

I768-1792. — Paroisses de Saint-Laurent, de Lasserre et de Lahitte. — Baptêmes, mariages et sépultures. Familles Broustaut, Capdegalle, de Dugoujon, Labat, Jempé, Dupoy, Caumont, Couture, Casemajou, Poudensan, Lespiau, Lhérété, Bergougnou, Lapeirusse, Lestrade, Barrère, Pléchac, Peirunil, Castaing, Bailac, Rouquette. — Dénombrement de la population en 1768 : Lasserre, 221 habitants, répartis entre 50 maisons; Lahitte, 361 habitants.