La famille Sabatié-Garat


Quelques détails sur la famille Sabatié-Garat, qui habite le domaine de St. Barthélemy à Francescas:
Le nom Sabatié-Garat témoigne de l’alliance des familles Sabatié, originaire de l’Ariège, et Garat, originaire du Pays Basque. Par décret du 27 octobre 1869, Paul Sabatié a été autorisé à relever le nom de Garat et à s'appeler Sabatié-Garat.

SABATIÉ

Originaire de l’Ariège, la famille Sabatié s’est établie à Toulouse au XVIIIe siècle.
Au début du XIXe siècle, Paul-Alexis Sabatié, entrepreneur, acquiert le château de La Cipière aux portes de Toulouse, avec une propriété agricole de 85 ha.
Le château s'élève aujourd'hui sur l‘emplacement d’une ferme forte connue sous le nom de "Bordo del Comte Ramon", qui appartint aux comtes de Toulouse. Les terres passèrent ensuite entre les mains de plusieurs capitouls. Augier de la Cipiere, dont la famille a donné son nom au château, en fut propriétaire dans la seconde moitié du 16e siècle. Il fut ensuite acquis en 1588 par Pierre de Vignaux, riche marchand de pastel plusieurs fois capitoul, à qui est attribuée la physionomie actuelle du château. Au début du 17e siècle, le domaine fut transmis au capitoul Michel Bayard, cousin de Pierre de Vignaux, qui en acheva la construction. Il devient à partir de 1736 propriété de l'Eglise. L'édifice est vendu au titre de bien d'Eglise à la Révolution, puis il est acquis vers 1810 par Paul-Alexis Sabatié. La famille Sabatié, puis Sabatié-Garat, dont le château conserve la mémoire grâce au portail en fer forgé portant ses initiales (monogramme SG), a conservé la belle demeure pendant plus de cent cinquante ans. Mais en 1954 Pierre Sabatié-Garat est, contre son gré, amené à vendre le château et le champ de course à la ville de Toulouse lorsque le château est coupé de son parc par la rocade, dans le cadre de l’aménagement de la ZUP du Mirail.
Le fils de Paul-Alexis, Jean-Baptiste Sabatié épousa en 1800 Barbe Henriette, dite Betsi, Jordan. Leur fils Edouard Sabatié, né en1803, épousa en 1838 Caroline Garat. Ils eurent quatre fils, Pierre, mort en bas âge, Paul (voir ci-dessous au paragraphe SABATIÉ-GARAT), Edouard et Gabriel. Edouard mena une belle carrière militaire qu’il termina comme général de division ; il fut adopté par sa marraine et prit le nom de Sabatié de Chavardès. Gabriel fut avocat au barreau de Toulouse.

GARAT

Cette notice a été rédigée en partie à l'aide de renseignements dus à l'obligeance de M. le vicomte de Clairval, descendant de la baronne Daumesnil, née Garat. (DICTIONNAIRE DES FAMILLES FRANÇAISES)
La famille GARAT est originaire du pays basque où elle est connue depuis le XVI e siècle. On trouvera sur elle des renseignements dans les ouvrages du vicomte Révérend, dans le Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l'Empire du Dr Robinet, dans la Statistique générale du département de la Gironde de Féret, etc.
La souche était représentée à la fin du XVIIIe siècle par deux branches principales dont, faute de renseignements suffisants, on ne peut indiquer ici le point de jonction.

L'une de ces branches descendait de Pierre Garat, né à Hasparren (Basses-Pyrénées), qui épousa Marie Damarans dans les dernières années du XVIIe siècle et en eut au moins quatre fils, Bernard, Martin, un autre Martin et Pierre.
Le plus jeune de ceux-ci, Pierre Garat, né à Hasparren en 1699, maître-menuisier, marié à Bayonne en 1736 à Marie Darrigol, décédé en 1787, eut treize enfants, dont Martin Garat. Ce dernier, né à Bayonne le 12 décembre 1748, était le directeur d’une des trois banques qui ont été réunies pour fonder la Banque de France, et dont il fut nommé directeur général en 1800. Il fut créé baron de l'Empire par décret impérial du 15 août 1810, notifié par lettres patentes du 19 septembre 1810 , et resta à son poste jusqu’à sa mort, en mai 1830. En 1905, le Conseil municipal de Paris donna son nom à une rue du XXe arrondissement.
Il avait épousé Catherine Gebaüer, née à Versailles en 1772, décédée en 1847.
Il en eut quatre enfants :
Saubade, née en 1792, mariée en 1810 au général vicomte Vallin, décédée en 1859, mère de Mme Borrelli de Serres et de la baronne Basset de Châteaubourg;
Paul, ou Paulin, baron Garat, né en 1793, secrétaire général de la Banque de France, décédé en 1866, laissant de son mariage avec Mlle Louise Collard de Villers Hélon, deux filles, Caroline, qui a épousé Edouard Sabatié (voir ci-dessus) et Gabrielle, qui a épousé Henri Morio de l'Isle;
Anne-Léonie Garat, née en 1795, mariée au général baron Daumesnil, surintendante de la maison de la Légion d'honneur, décédée en 1884
Charles Garat, né en 1802, directeur de la Banque de France à Strasbourg, décédé en 1887, dont la fille unique, Marguerite, décédée en 1905, épousa en 1849 le général de Castagny, décédé en 1900. Afin de relever le nom de Garat et le titre de baron accordé en 1810 à Martin Garat, Charles Garat a adopté son neveu Paul Sabatié (voir ci-dessous).

L'autre branche de la famille Garat descend de Pierre Garat, né à Sare, dans le Pays Basque, médecin à Ustaritz, marié vers 1730 à Marie Hériart.
Deux des fils de celui-ci, Dominique Garat, dit Garat l'aîné, né à Ustaritz le 12 décembre 1735, et Dominique-Joseph Garat, dit Garat le jeune, né à Bayonne le 8 septembre 1749, jouèrent un rôle politique important.
Garat l'aîné vint se fixer à Bordeaux en 1755, y exerça avec distinction la profession d'avocat et fut nommé professeur de philosophie au Collège de Guyenne. Il fut élu député du Tiers État du bailliage de Labour aux États généraux de 1789, fut un des secrétaires de l'Assemblée, se retira à Ustaritz à l'expiration de son mandat et y mourut en 1799. Il avait épousé en 1762 Mlle Gouteyron, musicienne distinguée, fille d'un chirurgien. Il en eut quatre fils, dont Pierre, né en 1762, un des plus célèbres chanteurs de son temps, professeur au Conservatoire, décédé à Paris en 1823.
Garat le cadet fut comme son frère député du Tiers-État du pays de Labour aux États généraux et fut nommé en octobre 1792 ministre de la Justice en remplacement de Danton. Ce fut lui qui fut chargé de notifier au Roi son jugement. Il passa en mars 1793 au ministère de l'Intérieur, qu'il quitta dès le 19 août suivant. Lors de la réorganisation de l'Institut, il fut nommé membre de l'Académie des sciences morales et politiques, fut ambassadeur à Naples en l'an V, puis membre du Conseil des anciens en l'an VI, se rallia à Bonaparte après le 18 brumaire, fut appelé au Sénat et fut créé comte de l'Empire par lettres patentes de mai 1808. Le comte Garat fut exclu de l'Institut lors de la seconde Restauration et n'y rentra qu'en 1832.
Il mourut l'année suivante à Ustaritz où il s'était retiré.
Martin et Joseph Garat faisaient volontiers état de leur cousinage, bien qu’il soit relativement lointain.
En 1930, Joseph Garat avait créé le crédit municipal de Bayonne « dans des intentions fort louables et avec le souci de l'administrateur de collectivité locale préoccupé de sa prospérité1. » ; ce fut sa qualité de président du conseil d'administration de cette banque qui lui attira de graves ennuis lors de l'affaire Stavisky. Cet organisme permit le détournement de plusieurs dizaines de millions de francs et les bons de Bayonne furent au centre du scandale.

SABATIÉ-GARAT

Paul Sabatié (1844-1920) embrassa la carrière préfectorale.
Par le décret du 27 octobre 1869, il a été autorisé à relever le nom de Garat, le nom et le titre de baron lui ayant été concédés par son grand-oncle Charles Garat.
En 1873, alors conseiller de préfecture de Lot-et-Garonne, il a été nommé sous-préfet de l'arrondissement de Muret (Haute-Garonne). Le 23 juin 1875, l’hospice de Muret est envahi par les eaux de la Garonne en crue, des maisons sont détruites. Paul Sabatié-Garat franchit alors le vieux pont sur la Longe pour ramener les habitants du faubourg du Barry à Muret. Le pont est emporté par les eaux quelques instants après leur passage. En visite à Muret trois jours après, le Président de Mac Mahon le fait chevalier de la Légion d’Honneur.
A l’automne 1875, le sous-préfet Sabatié-Garat est nommé secrétaire général de la préfecture de la Haute-Garonne, à Toulouse.
Paul Sabatié-Garat quitte la carrière préfectorale en 1880, et devient administrateur-délégué de la Société des Usines à Gaz du Nord et de l’Est, fondée en 1860 par son beau-père.
Le baron Sabatié-Garat, élu Mainteneur de l'Académie des Jeux floraux le 14 janvier 1881, à Toulouse, en occupe le dix-septième fauteuil depuis le 30 avril de l'année suivante.
Son discours de remerciement et son éloge du docteur Janot figurent au Recueil de l'Académie (1882, 1887).
Paul Sabatié-Garat a épousé à Belleu (Aisne) le 27 décembre 1874 sa cousine Gabrielle, fille du baron Jean Félix Henri Morio de l'Isle. Celle-ci héritera de sa mère le petit château de Vauxbuin, petit village aux portes de Soissons (Aisne). Paul Sabatié-Garat sera maire de Vauxbuin de 1900 à 1908. Ses descendants sont restés fidèles à cette propriété qu'ils occupent régulièrement.
Paul et Gabrielle Sabatié-Garat eurent six enfants, dont cinq vécurent :
Jeanne, qui épousa Pierre d’Arrouzat.
Germaine, qui devint sœur de le Charité.
Pierre (voir ci-dessous).
Henriette, qui épousa Gaston de Boyveau.
Geneviève, qui épousa Jacques Lefebvre.

Pierre Sabatié-Garat (1881-1974) eut, à 23 ans, le désagréable privilège d’organiser le rapatriement en France du corps de sa grand’mère. La baronne Morio de L’Isle, dont le salon de la rue de l'Université était très recherché, est en effet morte subitement, en rade de Palerme, au cours d'un voyage qu'elle faisait en Sicile avec une amie et son petit-fils. Après avoir passé deux mois sur la Côte d'Azur, elle s'était embarquée à bord de l'Umbria, pour faire le tour de la Sicile.
Pierre Sabatié-Garat était entré depuis huit ans dans la Société des Usines à Gaz du Nord et de l’Est lorsqu’éclata la guerre de 14-18. Il participa à la bataille de Verdun à la tête d’un groupement d’artillerie lourde automobile, puis fut engagé dans la bataille de la Somme.
Un jour de 1916 où l’état-major prenait conscience que la guerre pouvait encore durer longtemps, le général Pétain lui demanda de quitter pour un temps ses fonctions d’officier dans son régiment, et, en raison de son expérience d’industriel, d’organiser l’acheminement de l’électricité au plus près du front. Soucieux du moral de ses « poilus », le général voulait en effet qu’ils puissent, à l’occasion des rotations d’unités, bénéficier de boulangeries, de douches chaudes et de laveries avant de retourner dans l’enfer des tranchées. Ce fut un élément important du maintien de la capacité de résistance des troupes françaises.
A peine démobilisé, il lui fallut remettre en route sa société, où les dix usines à gaz et les six centrales électriques étaient fortement endommagées ou à reconstruire. Il en devint Directeur général en 1920, et la développa, principalement dans le secteur de l’électricité, étendant son aire géographique à l’Yonne, puis à la région de Toulouse. Pionnier des énergies renouvelables, il fonda la Société des Forces Motrices des Pyrénées Centrales, autour de quatre centrales hydro-électriques. Toutefois, cette belle épopée industrielle se termina brutalement en 1946, par la nationalisation.
Pierre Sabatié-Garat avait épousé le 29 avril 1909, à Toulouse, Madeleine Gamard-Clairin (voir la notice sur la famille Clairin à l’onglet sur Saint-Barthélemy). Ils eurent quatre enfants :
Solange, qui a épousé Michel Léon-Dufour, et dont deux filles, Marie-Madeleine Rémusat et Germaine Briffod, ont des maisons à Francescas, et une troisième, Geneviève habite le château de Lasserre depuis son mariage avec Hubert de Pourtalès.
Raymond (voir ci-dessous).
Mireille, qui a épousé Jacques d’Origny.
Paul, qui a épousé Jacqueline Palluat de Besset.

Raymond Sabatié-Garat (1913-1998), était naturellement destiné, après sa sortie de l’Ecole des Mines de Paris, à prendre progressivement, avec son frère Paul, la succession de son père à la tête des sociétés de gaz et d’électricité. Démobilisé de l’Aéronautique navale à Port-Lyautey, au Maroc le 15 avril 1946, soit une semaine après la loi de nationalisation, il lui fallut trouver une autre voie. Il entra alors à la Compagnie Chérifienne des Pétroles, basée à Casablanca, et filiale de la Compagnie Française des Pétroles, qui devint Total. Il fut rappelé au siège, à Paris, en 1954 et y resta jusqu’à sa retraite, développant en particulier les réseaux d’approvisionnement en carburants des aéroports du continent africain.
Il avait épousé Monique de Lacoste en juillet 1945. Ils eurent cinq enfants :
Pierre, marié à Béatrice Bazil ; ils ont trois enfants.
Bruno, marié à Dominique Amoudruz-Hattu ; ils ont quatre enfants.
Bertrand, marié à Chantal de Baillencourt ; ils ont trois enfants.
Chantal.
Arnaud, décédé en 1986.

Décès de la baronne SABATIÉ-GARAT

Le vice-amiral (2S) et la baronne SABATIÉ-GARAT,
le baron et la baronne Bruno SABATIÉ-GARAT,
le baron et la baronne Bertrand SABATIÉ-GARAT
Mlle Chantal SABATIÉ-GARAT,ses enfants ;

Pierre et Caroline SADER,
Laurence SABATIÉ-GARAT,
Paul SABATIÉ-GARAT,
Edouard et Marie SABATIÉ-GARAT,
Etienne et Marie DELPIT,
Aymeric et Aude SABATIÉ-GARAT,
Grégoire SABATIÉ-GARAT,
Filippo et Claire LOTTI,
Augustin SABATIÉ-GARAT,
Martin SABATIÉ-GARAT, ses petits-enfants ;

Thibauld, Amalia, Verdiana, Gaspard, Victor, Basile, Antoine, Pia,
ses arrière-petits-enfants ;
la comtesse de PELET,
Mme Henri POUJOL de MOLLIENS,
le baron et la baronne Paul SABATIÉ-GARAT,
ses soeurs, beau-frère et belle-soeur,

ont la douleur de vous faire part du rappel à Dieu de la baronne SABATIÉ-GARAT, née Monique de LACOSTE,
le 3 novembre 2012.
La cérémonie religieuse sera célébrée ce mercredi 7 novembre 2012, à 16 heures, en la chapelle des religieuses de l'Assomption, 17, rue de l'Assomption, 75016 Paris.
Une messe sera célébrée le vendredi 9 novembre, à 15 heures, à Notre-Dame de Francescas (47), suivie de l'inhumation.
Lieux de résidence: Francescas (Sud Ouest le 7 Novembre 2012)

Un château à Toulouse

Château de la Cépière à Toulouse - Le cadastre dressé en 1829 indiquait que le château et 85 hectares appartenaient à Jean-Baptiste Sabatié.
L'emplacement du château était réservé, au Moyen-Age, à une métairie du comte de Toulouse. En 1588 est construit le château
actuel.

(L'ensemble du château est un exemple rare, par sa qualité et sa conservation, d'une demeure seigneuriale de la fin du 18e siècle. Construit pour Jacques Dubarry, qui acquit le domaine en 1781, l'édifice est bâti en briques et utilise les formes de l'architecture classique. Un grand salon circulaire précédé d'un vestibule constitue le corps central, flanqué d'une part de deux chambres avec leurs commodités, et d'autre part d'une salle à manger et d'un petit salon avec leur dégagement. Des chambres de service en mezzanine se distribuent au-dessus des parties latérales. A l'intérieur, décor stuqué. Parc, lavoir et communs complètent l'ensemble.)

L'ensemble est vendu à la Révolution comme bien de l'Eglise. L'édifice est construit sur un plan en L, en briques. La façade côté Est est agrémentée d'une tourelle et d'une ornementation en dentelle de staff au niveau du second étage des fenêtres orientales.
Le portail comporte une ornementation en fer forgé, décorée des initiales GS du baron Sabatié Garat, propriétaire au XIXe siècle. Près du château se trouve un pigeonnier de la même époque

Le château de la Cépière près de Toulouse