
Francescas est essentiellement agricole.
En suivant l'historique, on peut constater dès la conquête romaine, que la nature des sols favorise le défrichage.
La forêt recule devant les espaces mis en culture. Francescas est donc dès l'origine au coeur de ce développement rural, qui ne cessera de se transformer et d'évoluer.
Au moyen age, la terre doit fournir les moyens les moyens d’existence pour ses habitants, les échanges et moyens de communications sont rares et coûteux. Lors de l’établissement des bastides, le plan général comprend une suite de quadrilatères, permettant la construction d’une maison avec obligatoirement son jardin.
Francescas bien sûr, n’échappe pas à cette règle, les jardins potagères sont indispensables à l’intérieure mêmes des murs pour l’alimentations familiale en cas de siège. Plus tard, Francescas deviendra un lieu de passage et de séjours de très nombreuses troupes militaires, qui vivaient aux dépens des habitants. Les ressources du sol sont absolument nécessaires pour nourrir hommes et bêtes. Il faut attendre le recensement pour mesurer l’importance des « paysans » dans la population franciscaine.
Cette importance diminuait selon la baisse des habitants.
Francescas chef lieu de canton du département de Lot et Garonne renommé pour sa race de moutons (contes et proverbes
populaires - recueillis en Armagnac par Jean-François Bladé 1867)
La situation agricole évolue à Francescas au 19ième siècle, certes comme partout ailleurs, l’outillage s’améliore et s’enrichit, mais on ne peut pas encore parler de véritable modernisation. Pour celle-ci il nous faut attendre les toutes dernières années du 19ième siècle et le début du 20ième siècle pour assister à la naissance de cette formidable mécanisation, qui va bouleverser les moyens de culture.
Cette incroyable évolution, qui ne va cesser de s’accélérer tout au long du 20ième siècle. L’habitat s’était considérablement amélioré dans la deuxième moitié du 19ième siècle. Ceci indique une certaine aisance financière chez quelques propriétaires. C’est à cette époque que surviennent les changements.
Les familles s’installent au hasard des mariages ou autres facteurs. Le nombre de métayers et fermiers diminue, quand celui des propriétaires exploitants et domestiques agricoles augmente.
Le lourd tribut payé par la population agricole à la guerre 1914-1918 est bien connu.
La première trace de mécanisation date de cette fin du 19ième siècle avec l’apparition de javeleuses, qui coupaient le blé et lassaient tomber la javelle prête à lier. Jusqu’alors on fauchait les blés à la faux ou à la faucille. Ce qui était valable pour les céréales l’était aussi pour les foins ou fourrages.
Au même temps arrivaient de l’Amérique lointaine les premières faucheuses tractées par les attelages de vache.
En 1901, sont apparus les premiers syndicats ou coopératives. A Nérac, le premier syndicat fut l’œuvre de la famille Labadie, c’est l’arrière grand-père des actuels gérants (frères et sœurs), qui en fut le créateur. Il est bien évident, que le magasin a changé de forme, de statuts et de raison sociale, mais il n’a pas changé d’emplacement, ni de nom. Comme au début, on ne va pas au « Syndicat », on va toujours chez Labadie.
Premier marche d’un incroyable essor, qui ne va pas cesser de croître. Les premières moissonneuses lieuses arrivent à Francescas dans l’immédiate avant-guerre, vers 1910, ainsi que les faneuses, râteaux etc.
Les conséquences de ce début de mécanisation sont nombreuses, tout d’abord la rapidité d’exécution, la diminution de la pénibilité, l’amélioration des rendements, mais aussi la diminution du nombre des participants. On peut voir le point de départ de la diminution des effectifs agricole, qui ne va faire que continuer.
C’est également la disparition de quelques métiers saisonniers : les « faucheurs », qui se louaient de ferme en ferme et parfois de région en région, selon la précocité des récoltes et selon le climat.
Considérations générales, certes, mais qui restent valable pour Francescas.
La première coopérative agricole sur la commune date de 1922. Voici la composition du bureau :
Président : Amédée Joseph à Perou Francescas
Secrétaire : Dupouy à Larroques, Lasserre
Trésorier : Bousquet et George à Lassale Fieux
Chauffeur pour les labours : Mirasson à Pessay Francescas
Chauffeur pour battages : Alban Daugé à Francescas
Le premier achat est un tracteur R.I.P.
En 1924, achat par la coopérative d’un batteur à blé « Cusson à chaine », qui se déplaçant difficilement obligeait les coopérateurs à porter leur blé sur l’aire, où il était installé.
Vers 1935, apparition des batteuses et tracteurs plus puissantes, les presses à paille arrivent un peu plus tard vers 1939. De nombreux entrepreneurs avaient fait l’achat de ces machines et sillonnaient la commune avec ce matériel de battage roulant.
Les premières moissonneuses batteuses arrivent vers 1950. Les premiers tracteurs franciscains étaient : 1928 Clément Amédée, un « Fordson ; 1931 Albert Jougla, un « Deering « ; 1931 Arthur Trauquessegues, un « Moune » ; 1935 Gachedoit, un « Fordson ».
La première CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) est créée peu avant 1950, Messieurs Laborde, Labat, Despeyroux , Amédée, Farre et quelques autres suivront peu après comme :
Messieurs Bousquet, Launet, Gouget, Pereuil, Di Guisto, Popeck, Gachedroit, Gilbert Amédée, Fabra, Jean Jougla, Jean Quiquerez.
Cette autre étape de modernisation avec la généralisation de la traction mécanique en particulier aura les mêmes conséquences que les premières : augmentation des rendements, diminution de la pénibilité et du personnel. La suppression de la traction animale diminuera le nombre de bêtes dans les étables, le nombre d’heures de travail consacrées à cet élevage et les mauvaises conditions de rentabilité amèneront la suppression total du bétail. Sue la commune, seul Monsieur Angelo Chiesa, négociant en bestiaux de son état, conserve quelques bêtes.
Autre conséquence importante : la disparition des derniers fermiers ou métayers. Les exploitations s’agrandissant, les propriétaires non exploitant confient leurs fermages soit à des voisins à la recherche des surfaces à cultiver, soit à des entrepreneurs.
Un autre changement très important se situe au niveau des cultures. La polyculture du début de siècle consiste en céréale, prairie et vignes. La mécanisation entraînera la disparition des prairies. La vigne, demanderesse de beaucoup de travail pour un rendement médiocre à cette époque, disparaîtra peu à peu.
Le dernier quart du 20ième siècle verra apparaître des cultures sous plastiques, melons, fraises, courgettes. Apparition également des serres. La polyculture de Francescas est donc composée en l’an 2000 de céréales ( soja, blé, colza, maïs, tournesol) et cultures sous plastiques, tunnels, serres ou plein champ, qui nous donnent des melons, des fraises, des courgettes, mais aussi des tomates, des salades et même choux de Bruxelles.
Ajoutons pour compléter cette liste de graines de betteraves pour l’industrie sucrière du nord de la France. La culture du tabac fait une timide apparition, mais a complètement disparu du paysage communal.
L’apparition des cultures nouvelles en fruits et légumes ont provoqué la création de nouveaux organismes pour permettre l’écoulement et la commercialisation de leur production. Les franciscains ont participés à la création de la COOP de Fieux, ou Marché Cadran de Nérac, où ils sont participants actifs. Création également sur la commune d’unités de conditionnement (Pilat), qui emploient une main d’œuvre saisonnière ou permanente. La création ou implantation au ‘Jardin’ d’une usine de traitement de graines de semence avait paru aux yeux de beaucoup particulièrement utopique et farfelue. Depuis sa création, les bâtiments ne cessent de s’agrandir, les activités d’augmenter et il est de même pour le chiffre d’affaires. Nous avons le plaisir de trouver particulièrement bien placée (18ième rang) ‘Epi de Gascogne’ dans le palmarès des entreprises d’Aquitaine en performances.
Il y avait deux ponts-bascules de remorque à Francescas. Une petite à la Porte Neuve
et une grande à côté de l'église. Aujourd'hui il ne reste qu'un carré d'acier à côté de l'église comme témoin.
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